<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><rss xmlns:atom='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' version='2.0'><channel><atom:id>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044</atom:id><lastBuildDate>Mon, 08 Mar 2010 15:26:47 +0000</lastBuildDate><title>Observatoire International du Numérique</title><description></description><link>http://oinm.org/blog/</link><managingEditor>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</managingEditor><generator>Blogger</generator><openSearch:totalResults>111</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-7128675419988879466</guid><pubDate>Fri, 05 Mar 2010 16:57:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-03-05T12:01:06.288-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Universite Cambridge</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>metaphore</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>ADN</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>acides nucleiques</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>alphabets génétiques</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>chimeres</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>génétique imaginaire</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>codes</category><title>Les nouveaux écrivains du Grand Livre de la vie</title><description>&lt;a href="http://oinm.org/blog/uploaded_images/IMPADN-756871.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 319px;" src="http://oinm.org/blog/uploaded_images/IMPADN-756759.JPG" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Alpha. Béta. L’alphabet grec ancien comptait vingt-quatre lettres. Le latin, qui en est dérivé et que nous utilisons toujours en compte vingt-sept et quelques variantes. L’arabe en compte vingt-huit. La grande innovation du XXe siècle a été le recours extensif au code binaire en informatique. Quelle est la différence entre un code et un alphabet? Le dictionnaire Robert définit le code comme « un système de symboles destiné à représenter et à transmettre une information. »; et l’alphabet comme « un système de signes graphiques (lettres) servant à la transcription des sons (voyelles, consonnes) d’une langue. » Les idéogrammes chinois sont aussi un code graphique qui correspond à une langue, mais sans être phonétique. Autrement dit, tout alphabet est un code qui correspond à une langue, tandis qu’un code ne correspond pas nécessairement à une langue. On peut coder un alphabet, comme le fait l’informatique. Il existe des codes de couleur, des codes secrets qui permettent de dissimuler un alphabet, etc. Théoriquement, les codes n’ont pas de limite quantitative. L’utilisation d’un code binaire, qui utilise le passage ou non de l’électricité dans un transistor bipolaire, est donc une réduction extrême de la notion de code. C’est en cela qu’elle a été géniale. Grâce à son extrême simplicité, elle permet d’innombrables séries de combinaisons et donc la transcription mais  aussi la transmission d’une infinité de langages. &lt;br /&gt;Et le recours à l’informatique en science a logiquement abouti à la découverte de codes naturels, physiques, biologiques, génétiques. La trouvaille est nécessairement de même nature que l’outil dont use le scientifique. Les outils magiques découvrent des esprits, les outils religieux découvrent des dieux agissants, les outils mécaniques découvrent la physique de la nature. Les outils informatiques découvrent nécessairement un univers numérique, formé par des codes, des algorithmes et qui fonctionne selon des logiciels. La prochaine génération d’outils découvrira une nouvelle cosmogonie. Pour aujourd’hui, donc, Dieu est devenu le Grand Informaticien de l’univers. Et la vie relève de la combinaison des quatre lettres ou nucléotides d’un code génétique : a, c, t, g. qui indiquent les quatre acides nucléiques de base constituant l’ADN du noyau de la cellule, et que nous retrouvons universellement dans toute vie. Voilà donc, dit-on, « le livre de la vie ». C’est l’ARN, l’acide ribonucléique, qui lit – curieusement, mais nécessairement, dans un seul sens ! - et transmet l’information génétique de l’ADN en les combinant en paquets de trois lettres : les triplets. Nous avons donc recours directement à la métaphore non seulement de l’alphabet, mais aussi de la lecture en génétique. Comme je le mentionnais dans mon blog précédent, l’âge du numérique fait vraiment de nous de nouveaux lettrés ! &lt;br /&gt;L’ARN, donc, « traduit » et indique à quel acide aminé (il y en a en tout vingt) doit correspondre chacun des soixante quatre  triplets possibles qu’il rencontre de long de la chaîne de bases nucléiques. C’est de cette combinaison que résultera la constitution de chaque protéine du génome. Or, selon la revue New Scientist, des chercheurs de l’Université de Cambridge viennent de mettre un point un lecteur alternatif à l’ARN, qui constitue non plus des triplets de bases nucléiques, mais des quadruplets, c’est-à-dire des paquets de quatre lettres, qui offrent dès lors non plus soixante quatre combinaisons possibles d’acides aminés, mais, selon la simple arithmétique, à présent 256 combinaisons possibles. &lt;br /&gt;L’informatique génétique, jouant ainsi dans le Grand Alphabet de la vie  permettrait alors de créer de nombreux nouveaux modèles de cellules vivantes, dont on pourrait – si ces combinaisons è quatre lettres se révèlent stables et productives - espérer non seulement des chimères ou génomes imaginaires, mais aussi des bactéries utiles dans l’industrie des matériaux intelligents, en thérapeutique écologique ou humaine, etc. L’homme, accédant à l’alphabet même de la vie devient nécessairement un dieu créateur ! &lt;br /&gt;Cette fois, la métaphore, si cette découverte de Cambridge se confirme exacte, sera vraiment soumise au test de son efficacité, si non de sa vérité en soi ! Nous allons pouvoir écrire des romans génétiques et inventer, comme en science-fiction, non plus la vivisection, mais la vie-fiction. Voilà un nouvel alphabétisme pour le XXIe siècle. En espérant que nous apprendrons le bon usage du langage génétique, sa grammaire et sa syntaxe, que nous serons bons écrivains de la vie et que le diable ne s’en mêlera pas.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-7128675419988879466?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2010/03/les-nouveaux-ecrivains-du-grand-livre.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-394966724810538065</guid><pubDate>Wed, 03 Mar 2010 19:18:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-03-03T14:25:41.788-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Gita Brys-Schatan</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Matta</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Olivier Grau</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>peinture</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>sculpture</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Lyotard</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Darcy Gerbarg</category><title>Éloge des beaux-arts numériques</title><description>&lt;a href="http://oinm.org/blog/uploaded_images/PETITESE-737088.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 132px;" src="http://oinm.org/blog/uploaded_images/PETITESE-737020.JPG" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup affirment que l’émergence des arts numériques a mis fin aux beaux-arts(*), même si les arts numériques suscitent encore une forte résistance et soient loin d’avoir obtenu la place qu’ils revendiquent dans les musées et galeries. Il est vrai que les artistes des beaux-arts et ceux des arts numériques se sont jeté l’anathème les uns aux autres dès l’émergence des nouvelles technologies. Il n’y a pas eu d’armistice. Ils ne se parlent plus aujourd’hui. Ainsi Jean-François Lyotard, l’auteur de La condition postmoderne et qui a été en charge de l’exposition Les immatériaux à Beaubourg en 1984 déclare sans ambages que sous la pression des avant-gardes, il est devenu « totalement exclu que quelqu’un saisisse simplement un pinceau et mette quelque chose sur la toile. Je sais que cela arrive encore, que cela revient même en force, mais je trouve cela une calamité et je ne crois pas que cela va durer » (entretien avec R. Wester, 1985, cité dans Mémoire de l’Histoire de l’Art, Gita Brys-Schatan, 1991). Après ce genre de propos, qui ont été multipliés à l’envi, il est devenu d’autant plus difficile de surmonter le fossé creusé par cette nouvelle bataille des anciens et des modernes, qui oppose de nouveaux modernes aux postmodernes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mésententes et réconciliations&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les arts numériques ont tendance, selon la logique même des technologies, à rejoindre la culture de masse, dans la foulée de l’appropriation publique du web et du développement des industries du divertissement, de sorte que les journalistes de télévision, qui apprécient les effets visuels spéciaux, s’y intéressent souvent plus qu’aux arts traditionnels. Alors que l’avant-garde des années 1970, promue par les galeries d’initiés, s’était coupée du grand public, les technologies numériques semblent au contraire réconcilier l’art et la classe moyenne. Du moins élargissent-elles l’accès populaire aux arts. &lt;br /&gt;Il est vrai aussi que les arts numériques tendent aujourd’hui à occuper tout le terrain, aussi bien celui de l’image que des installations, de la musique, du théâtre et du cinéma. Ils proposent  en outre au public une participation interactive, ludique, qui suscite le même attrait magique que les spectacles de prestidigitation.  Au-delà des retrouvailles arts/société sous le signe des nouveaux médias, je rêve aujourd’hui aussi d’une autre réconciliation, celle des beaux-arts et des arts numériques, même si c’est encore une position publique intenable. Au premier abord, il faut bien l’admettre, leurs différences paraissent irréconciliables.&lt;br /&gt;Nous  optons plutôt pour que les arts numériques, tout en explorant leurs propres spécificités, restaurent le dialogue nécessaire avec les beaux-arts quant aux questions artistiques fondamentales, celles de notre rapport au monde, de notre sensibilité, de la souffrance, de la beauté, qui s’imposent toujours à nous avec les mêmes exigences que jadis, quelle que soit leur évolution sociologique, technologique et culturelle. Ainsi, Oliver Grau a rappelé avec pertinence qu’il n’y a pas de rupture, mais au contraire une continuité esthétique évidente entre les fresques des villas de Pompéi, les peintures en trompe-l’œil et panoramiques du XVIIe siècle et les œuvres actuelles d’immersion virtuelle (From Illusion To Immersion, 2003). Des arts apparentés ? Encore faudrait-il que des artistes s’en persuadent eux-mêmes. Et il faut admettre que ceux qui ont imité la peinture avec l’ordinateur, comme Matta ou Darcy Gerbarg n’ont pas été très convaincants. Mais il faut dire qu’ils n’ont pas actualisé leurs thèmes d’expression, tentant seulement d’user des logiciels et des palettes graphiques comme s’ils faisaient toujours la même peinture qu’avant. L’option qui s’impose est d’explorer le monde numérique, qui mérite au moins autant notre intérêt que le paysage rural ou urbain. Même Matta, qui s’est pourtant beaucoup intéressé aux environnements technoscientifiques, ne l’a pas considéré lorsqu’il travaillait avec des moyens électroniques. Pour surmonter le faux débat entre  matérialité et virtualité, qui, en art, n’a pas de sens, et construire le dialogue désormais nécessaire entre médias traditionnels et nouveaux médias, nous proposons l’idée et la pratique de &lt;em&gt;beaux-arts numériques&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Illustration: Hervé Fischer, &lt;em&gt;Petite sensation&lt;/em&gt;, peinture acrylique sur toile&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-394966724810538065?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2010/03/eloge-des-beaux-arts-numeriques.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-3016026800614911825</guid><pubDate>Tue, 02 Mar 2010 15:50:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-03-02T13:50:41.715-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>âge de l'écriture</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>mémoire</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>blogs</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>écrire</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>lire</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Galaxie Gutenberg</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>disques durs</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>McLuhan</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>sms</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>nouvelle oralité</category><title>Les nouveaux lettrés du numérique</title><description>&lt;a href="http://oinm.org/blog/uploaded_images/clavier-725383.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 126px; height: 84px;" src="http://oinm.org/blog/uploaded_images/clavier-725382.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Depuis McLuhan, nous avons pris l’habitude de penser que l’âge de l’écriture et de l’imprimerie s’achèverait aujourd’hui face à la puissance émergeante de la « nouvelle oralité » numérique. Les communications internet et multimédia rétabliraient une multisensorialité que la « Galaxie Gutenberg » avait réduite au visuel de la lecture. Le papier cèderait devant la multiplication des écrans.&lt;br /&gt;Force est de constater pourtant que nous n’avons jamais tant écrit, ni tant lu qu’aujourd’hui. Nous passons quotidiennement des heures à naviguer sur les sites de l’internet, à écrire et lire des courriels, des SMS sur nos écrans de téléphones, à clavarder sur internet, à lire les bandeaux d’information des journaux télévisuels, à écrire et envoyer des c.v., à enregistrer et lire des informations sur les plateformes des médias sociaux, à produire des informations sur les sites web 2.0, etc. On crée des sites web, qu’il faut animer constamment, on rédige parfois quotidiennement, un, voire plusieurs blogs. On écrit sur l’internet comme on n’a jamais écrit sur le papier. On envoyait il y a encore quinze ans une lettre de temps en temps. Aujourd’hui, on écrit des courriels tous les jours à profusion. Même les jeunes sont devenus hyperactifs en SMS. Difficile alors de ne pas désirer maîtriser un minimum d’orthographe, et même des codes savants d’écriture abrégée. Nous avions quelques machines à écrire. Maintenant, on estime à plus d’un milliard et demi le nombre de claviers d’ordinateurs actifs sur la planète, sans compter les claviers de téléphones et d’innombrables équipements et gadgets. &lt;br /&gt;Ne sous-estimons pas pour autant l’impact du multimédia. Mais ses vertus multisensorielles écraniques ne sont peut-être pas aussi grandes qu’on l’a prétendu. On suggérait souvent plus avec moins. La profusion d’images et de sons coupe souvent l’élan de l’imaginaire. Quant à l’interactivité, ses vertus sont indéniables quant aux commodités, mais plus contestables dans le domaine de la création culturelle.&lt;br /&gt;On ne peut plus se passer de tous ces réseaux numériques de la société de l’information dans laquelle nous sommes immergés. C’est en milliards de pages que l’on compte les sites web.&lt;br /&gt;Nous nageons, nous surfons, nous plongeons dans un océan de lettres de l’alphabet. Nous sommes devenus des lettrés du numérique. Paradoxalement, et contrairement à la prophétie de McLuhan, nous connaissons une deuxième phase du développement de l’alphabétisme, encore beaucoup plus extensive que la première, cette fois immersive.&lt;br /&gt;La dangereuse contrepartie de cette deuxième révolution lettriste, c’est sa perte de mémoire irrémédiable, qui tient à sa nature électronique. L’oralité de jadis cultivait au moins la mémoire et nous lui devons l’extraordinaire conservation de textes qui datent de plusieurs milliers d’années. Je n’en dirais pas autant des textes qui aujourd’hui sont confiés à la seule mémoire des disques qu’on appelle « durs », beaucoup plus volatiles que les plaques de terre cuite de jadis.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-3016026800614911825?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2010/03/les-nouveaux-lettres-du-numerique.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-438323349685019619</guid><pubDate>Sun, 21 Feb 2010 14:40:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-02-21T19:11:37.551-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Nietzsche</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>hyperhmanisme</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Spinoza</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>rites</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>liens</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>e-planète</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>logique des liens</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>procédures</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>hypertexte</category><title>e-Confucius</title><description>&lt;a href="http://cityofdharmarealm.org/Events/2008/pictures/confucius.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 310px; height: 418px;" src="http://cityofdharmarealm.org/Events/2008/pictures/confucius.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Mes trois philosophes préférés sont Confucius pour l’éthique, Spinoza pour le matérialisme et Nietzsche pour la démystification de la pensée. On admettra donc que ce n’est pas pour les vertus d’innovation, ni de divergence que je chéris Confucius. J’admire plutôt la sagesse avec laquelle il osa, dans une période de trouble de la Chine, il y a plus de 2500 ans, réclamer l’instauration du respect de l’autre, comme principe d’organisation sociale. Penseur encore plus ancien que Socrate (*), il a d’ailleurs eu de son vivant autant de difficultés avec les pouvoirs en place. &lt;br /&gt;De quel droit lui attribuer un préfixe en &lt;em&gt;e-&lt;/em&gt; pour électronique aujourd’hui? Parce que sa philosophie morale reposait sur l’importance du respect des liens entre les personnes et entre toutes choses. Cette morale confucéenne fonde en fait une logique des liens qui constituent des ensembles interdépendants de personnes, d’objets ou d’idées. Confucius ne développa pas une pensée linéaire, comme le fit Socrate, qui devient inévitablement binaire et simpliste. Il opta plutôt pour les configurations, qui préfigurent la complexité et la richesse féconde de ce que j’ai appelé la &lt;em&gt;pensée en arabesque&lt;/em&gt;. Tout idéogramme chinois est une configuration de liens qui créent un récit, un sens ou l’évocation d’une idée en agrégeant les signes visuels de plusieurs constituants, par exemple un poisson, un bateau et un homme pour désigner un pêcheur. C’est toujours ainsi, par configurations d’images que nous pensons. La langue chinoise et le confucianisme sont fondamentalement liés, et ce mode de pensée redevient important aujourd’hui au cœur même de la science, dans ses explorations et ses audaces postrationalistes, non linéaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nature et les sociétés sont des hypertextes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Confucius affirme que chacun doit respecter les liens qui l’attachent à ses proches, mais aussi à l’autorité des pouvoirs en place et à la nature. Bien entendu, il faut faire la part du contexte historique de la fondation du confucianisme, et aujourd’hui je ne retiendrai pas cette idée du respect dû au pouvoir sans faire de nuances. Reprenons la métaphore des liens. Je peux considérer la société où je vis et même l’humanité comme un hypertexte. Je peux penser la nature et l’univers de même, comme des hypertextes, c’est-à-dire comme des configurations de liens. Certes, le maoïsme, dans son binarisme linéaire et sa volonté de rupture avec le passé, a honni le confucianisme. Mais celui-ci revient aujourd’hui avec force (**), alors que nous découvrons l’importance incontournable des liens, cette fois planétaires, entre le développement de nos métropoles et de nos industries avec les équilibres de nos écosystèmes, entre le développement et l’éducation, entre nos institutions bancaires, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le respect des rituels &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un des autres principes que Confucius enseignait était, on le sait, un rigoureux respect des rites,notamment dans les cérémonies. Sans doute jugera-t-on aujourd'hui sévèrement cette exigence ringarde, d'un autre temps. Mais n'est-ce pas précisément la même posture que nous devons adopter dans le cérémoniel souvent lent et laborieux de tout ordinateur, qui nous impose une obéissance rigoureuse à ses nombreuses procédures informatiquess, sans permettre aucun écart, aucune fantaisie sous peine d'échec de nos intentions? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;e-planète&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les technologies numériques ont institué cette même structure de liens dans nos navigations sur l’internet, dans la programmation de nos algorithmes, dans la recherche biologique, physique ou astrophysique. Le numérique nous apprend de plus en plus à penser par liens, non seulement du point de vue épistémologique, mais aussi dans nos relations sociales, tant interindividuelles que globales.&lt;br /&gt;Et plus encore, nous redécouvrons l’importance fondamentale, fondatrice, des liens de solidarité, comme une morale qui prend pouvoir de contrepoison politique face à l’anonymat dangereux des masses, aux manipulations et aux fascismes qui peuvent en résulter, comme l’histoire récente et l’expérience quotidienne nous le démontrent. Et si nous avons appris l’importance de contrôler démocratiquement et de contester les abus de pouvoir de ceux qui nous gouvernent, nous prenons aussi conscience de la nécessité de soutenir des institutions planétaires, notamment sous l’égide des Nations-Unies, qui peuvent nous permettre d’établir une meilleure gouvernance internationale. Nous appuyons de plus en plus vigoureusement les organismes humanitaires qui mettent en œuvre nos exigences de solidarité. Bref, nous militons de plus en plus activement pour une éthique planétaire qui cible notre salut collectif par le respect des liens qui nous unissent chacun à chacun, par-delà les différences culturelles et identitaires. La planète devient un hypertexte. Les technologies numériques resserrent nos liens mutuels, favorisent nos compréhensions réciproques. En ce sens, e-Confucius devient le symbole de notre e-planète, notre hyperplanète (***).&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;br /&gt;--------------------------------&lt;br /&gt;(*) Confucius a vécu de 551 à  479 et Socrate de 470 à 399 avant J.-C.&lt;br /&gt;(**) &lt;em&gt;Le bonheur selon Confucius&lt;/em&gt; (2006) de Yu Dan a été vendu à plus de dix millions d'exemplaires en Chine. Traduit en français chez Belfond et en anglais chez Macmillan Ltd, en 2009&lt;br /&gt;(***) Hervé Fischer, Hyperplanète, de la pensée linéaire à la pensée en arabesque, vlb, 2003.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-438323349685019619?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2010/02/e-confucius.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-4700134994224261026</guid><pubDate>Sat, 20 Feb 2010 22:26:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-03-02T12:45:18.139-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>éthique planétaire</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>holocene</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>énergie</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Paul Cruetzen</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>choc du numérique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>révolution copernicienne</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>cyberPromethee</category><title>L'Anthropocène numérique</title><description>&lt;a href="http://blogs.lentreprise.com/lentreprise-de-demain/num%C3%A9rique.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 333px; height: "306px;" src="http://blogs.lentreprise.com/lentreprise-de-demain/num%C3%A9rique.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;L'Anthropocène est cette période de l'évolution terrestre caractérisée par la signature humaine. Le terme a été proposé par Andrew Revkin en 1992, puis repris et institué par Paul Crutzen et Eugene Stroemer en 2000. Il signifie que depuis le XIXe siècle, les humains marquent davantage la transformation de notre planète que la nature elle-même, notamment que la géologie. L'Anthropocène succède à l'Holocène, la quatrième et dernière époque du Néogène, l'un des nombreux Interglaciaires du Quaternaire. L'Holocène correspond à l'avènement du Mésolithique, du Néolithique et des cultures ultérieures. C'est le début de l'expansion rapide de l'espèce humaine.&lt;br /&gt;L'Anthropocène n'est manifestement pas une période très nouvelle du point de vue géologique et climatique - ce qui est certain, mais pas nouveau, car notre planète a déjà connu des bouleversements climatiques majeurs. C'est désormais le choc du numérique qui signe le plus en plus profondément notre empreinte humaine sur le globe terrestre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le passage de l'énergie à l'information&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il s'agit désormais moins de géologie ou de réchauffement climatique, ou de hausse du niveau de la mer, que d'une signature cérébrale, technoscientifique. Le numérique acquiet à un rythme exponentiel un pouvoir instrumental d'interprétation et de transformation de la Terre, qui est totalement inédit. Nous sommes passé de la chasse et de la cueillete à l'agro-industriel, de l'exploitation des ressources naturelles à la modélisation numérique, du naturel à l'artificiel, de l'adaptation à la divergence. L'empreinte n'est plus physique, mais mentale. Nous nous rendons réellement, selon l'expression si connue de Descartes, "maîtres et possesseurs" de la nature. C'est là véritablement une révolution copernicienne, la plus importante de notre évolution récente.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;CyberProméthée&lt;/em&gt; '**)n'est plus seulement notre demi-dieu grec qui a volé le feu à Zeus pour le donner aux hommes et rivaliser avec les dieux. Sa victoire actuelle - et tous les dangers que nopus encourons avec elle - est celle du numérique; non plus celle de l'énergie - qui demeure primitive et incapable de discrimination - mais de la puissance du savoir. Voilà un changement radical de posture. Nous ne nous contentons plus de maîtriser la puissance de l'éclair. Nous repensons Zeus. Nous repensons notre cosmogonie, nous la transformons non plus à l'image de Dieu, mais à notre image. C'est en ce sens que j'ai écrit: &lt;em&gt;Nous serons des dieux&lt;/em&gt; (***). L'anthropocène ne légitime vraiment l'audace de son nom que depuis qu'il est devenu numérique.Voilà le constat nouveau qui n'avait pas encore été admis par les anthropologues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une éthique planétaire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il faut penser pls loin. Le paradoxe, c'est que cette technologie que nous avons inventée et que nous développons tous les jours selon un rythme effreiné,n'est plus une technologie comme les précédentes. Elle est basée sur un code binaire trivial, et qui pourtant implique aussi une révolution encore plus cérébrale, une mutation éthique de l'être humain, afin que nous soyons capables d'assumer raisonnablement notre nouveau pouvoir exorbitant sans nous détruire nous-mêmes et avec nous la planète. Cette technologien nmérique exige une responsqbilité numérique, celle de l'hyperhumanisme. Pour que l'anthropocène numérique ne soit pas la dernière période de notre évolution terrestre, il va falloir que notre cerveau se transforme. La technologie nous oblige à instaurer une éthique à proprement parler planétaire.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;br /&gt;_____________________________________________&lt;br /&gt;(*)Andrew REVKIN, Global Warming : Understanding the Forecast, American Museum of Natural History, Environmental Defense Fund, New York, Abbeville Press, 1992. &lt;br /&gt;Paul CRUTZEN et Eugene F. STOERMER, “The ‘Anthropocene’“, Global Change. IGBP Newsletter, 2000. &lt;br /&gt;(**) CyberProméthée, vlb, Montréal, 2002.&lt;br /&gt;(***) Nous serons des dieux, vlb, 2006.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-4700134994224261026?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2010/02/lanthropocene-numerique.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-1837488620917274387</guid><pubDate>Tue, 16 Feb 2010 13:45:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-02-16T21:08:36.006-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>autocannibalisation</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Atlantide</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>obsolescence informatique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>médias sociaux</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Orphée</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>loi de Moore</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>disparition</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>générations</category><title>Le vieux cybermonde</title><description>&lt;a href="http://oinm.org/blog/uploaded_images/250px-Rondanini_Medusa_Glyptothek_Munich_252_n1-712417.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 200px;" src="http://oinm.org/blog/uploaded_images/250px-Rondanini_Medusa_Glyptothek_Munich_252_n1-712415.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le cybermonde vieillit. Déjà quinze ans depuis l’explosion publique du web, et davantage pour sa gestation. Nous avons oublié l'époque des lignes de programmation avec ses signes cabalistiques en jaune ou vert sur des écrans noirs. Les accordéons de feuilles perforées sur les côtés qui se déployaient plus ou moins bien dans des imprimantes bruyantes ont cédé la place à des petits boîtiers grands comme des grille-pain qui débitent en silence des pages en couleur. Le spaghetti des câbles disparaît face aux conquêtes du sans fil et du bluetooth. Les technologies numériques s’autocannibalisent. Le mot s’emploie rarement, et pour cause. Mais comment décrire autrement cette logique de compétition technologique et commerciale qui consiste à produire et lancer sur le marché, à un rythme toujours plus rapide, des produits nouveaux qui rendent obsolètes ceux de la génération précédente? La loi de Moore des dix-huit mois de doublement des puissances de mémoire et de vitesse règne sur le cybermonde et renvoie tous les équipements informatiques dans le passé au même rythme effréné. On est ainsi passé de records en records à des chiffres exponentiels de rapidité des processeurs, de stockage des données, de mémoire vive, de vitesse et de largeur de bande des réseaux numériques. Qui accepte encore  de se connecter sur sa ligne téléphonique domestique? On est passé des floppy disk drives grand format aux petites disquettes dures, aux disquettes Zip et maintenant aux clés USB, des disques optiques format 78 tours aux cédéroms et maintenant aux DVD, qui vont être remplacés par des Blu-Ray et des HD-DVD.  Qui achète encore un volumineux écran cathodique, alors que les écrans plasma sont plats et légers?  Les ordinateurs professionnels qui occupaient des mètres cubes dans les années 1980 ont pris de la puissance en proportion inverse de leur taille. Et les ordinateurs personnels se sont miniaturisés à l’extrême. Avec le &lt;em&gt;cloud computing&lt;/em&gt;, on n’aura bientôt plus besoin de disques durs et encore moins d’acheter des boîtes de logiciels. L’autocannibalisation des programmes informatiques n'est pas moins rapide. La durée de vie de tous ces éléments et leur cycle de remplacement bouscule sans cesse les habitudes et les performances. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une Atlantide liquide &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand aux contenus, leur vieillissement prématuré est encore plus flagrant. L’océan du cybermonde engloutit dans ses cimetières marins et ses gouffres abyssaux les sites web à peine fleuris, dont on perd déjà la mémoire. Les années se succèdent au rythme des seuls printemps. Se mêlent à ces milliards de pages Web disparues à jamais, d’autres milliards de courriels, de SMS et de photos numériques, sans laisser le moindre fossile pour la postérité. Les arts numériques des années 1980, 1990, 2000, 2006, 7, 8 ne sont déjà plus que des fantômes d’eux-mêmes, des descriptions, des articles de revues, des vidéos, quelques photos d’écrans ou d’installations difficilement recensés et sans commune mesure avec les oeuvres qu'ils évoquent. Le cybermonde est un continent perdu qui flotte à la dérive sur les réseaux numériques, un nouvel Atlantide qui y disparaît au fur et à mesure qu’il se forme par simple renouvellement constant des vagues de 1 et de 0, sans faire plus de bruit que le clapotis de l’eau, sans même que des big crushs soient nécessaires pour hâter son effondrement liquide.&lt;br /&gt;C’est un paradoxe bien étrange que ce rythme de disparition constante du cybermonde, dont l’horizon avance devant nos pas, sans que nous puissions regarder en arrière, comme dans le mythe d'Orphée. Et s’il existe une Méduse du cybermonde, elle ne pétrifie pas les aventuriers qui s’y retournent sur leurs pas, mais les liquéfie à jamais. Comme l’informatique verte demeure encore en bonne partie un vœu pieux, les archéologues futurs qui fouillerontles dépotoirs d'aujourd'hui y découvriront des couches de sédimentation informatique de plus en plus fines comme un feuilleté de plastiques et de métaux lourds comprimés. L’archéologie du numérique s’annonce comme une tâche impossible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vieille et la nouvelle cyber&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant,immigrants et nouveau-nés du cybermonde y cohabitent sereinement, mais sans se croiser dans les mêmes lieux. Les jeunes surfent fébrilement sur les plateformes des médias sociaux et chattent sur leurs écrans de leurs téléphones portables; les vieux envoient encore des courriels traditionnels. La nouvelle génération s’agite sur Twitter, MySpace, Youtube, Flickr, Facebook, Second Life et autres. Elle télécharge de la musique et des films sur ses ordinateurs et y suit ses news de groupes. Elle remue frénétiquement les consoles de jeu. Elle fait des photos et des vidéos avec ses téléphones portables. L’ancienne génération navigue tranquillement sur Google; elle y cherche ses destinations de vacances et y réserve des gites chez l’habitant. Elle y consulte la météo, les infos médicales, les soins pour les chats, les chiens, les poissons rouges. Elle y gère ses comptes de banques et autres utilités qui demandent de l’attention. Elle magazine dans les boutiques virtuelles et hésite entre un lecteur de livres électroniques et un iPad. Progressivement, les diverses générations d’internautes établissent chacune dans le cybermonde leurs quartiers respectifs, dans une totale insouciance de la rapidité du temps numérique qui les illumine et les efface sur les écrans à un rythme impitoyable, comme les lucioles sur une lampe de proue du navire qui les emporte dans la nuit.&lt;br /&gt;Et apparaissent alors dans le ciel étoilé les lumières de Tokyo-Ginza, car il y a déjà plusieurs planètes dans le cybermonde, les anciennes et les nouvelles. Sur Ginza, la différence s'estompe entre le réel et le virtuel. Le numérique s'impose à nos sens, et ce sont les parcs et les temples qui semblent devenir irréels. &lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-1837488620917274387?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2010/02/le-vieux-cybermonde.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-3675614104584932015</guid><pubDate>Mon, 15 Feb 2010 14:52:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-02-15T10:33:38.980-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Tarde</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>imitation</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>réplication</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Darwin</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>athéisme</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>aliénation</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>mythanalyse</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>divergence</category><title>Même les mèmes ne m’aiment pas!</title><description>&lt;a href="http://oinm.org/blog/uploaded_images/180px-Dawkins_aaconf-777901.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 180px; height: 172px;" src="http://oinm.org/blog/uploaded_images/180px-Dawkins_aaconf-777899.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Reprenant de façon caricaturale le modèle de la génétique, Richard Dawkins* prétend que ce sont les &lt;em&gt;mèmes&lt;/em&gt; qui mènent le monde. Nos têtes seraient le milieu fertile mais passif hébergeant une contamination virale d’unités cognitives, qui s’étendrait par réplication et sélection darwinienne. Exemple : Dieu, la démocratie, n’importe quelle idée, se propagent par réplication. La théorie des mèmes de même? Je n’en suis pas sûr. J’aurais tendance à dire que c’est une bêtise cognitive de plus, que la sélection naturelle ne manquera pas d’éliminer!&lt;br /&gt;Mais il faut plutôt s’interroger sur son succès actuel. Nous pensons par métaphores et analogies. Nous sommes même incapables de penser autrement. Ainsi expliquons-nous les lois de l’univers en recourant au modèle d’un organisme vivant, d’un mécanisme d’horloge ou d’un cluster d’algorithmes. L’originalité de Dawkins consiste donc à singer la théorie génétique pour expliquer la diffusion des idées, comme si la noosphère relevait de la biologie. La tentative peut à coup sûr être intéressante, comme méthode heuristique. Mais comme toujours, il faut garder conscience des limites du recours à la pensée analogique, qui peut être valable comme alternative à d’autres analogies devenues stéréotypées, aussi longtemps qu’on ne la prend pas à la lettre. Ce que Dawkins, manifestement trop séduit par son idée, fait sans retenue. &lt;br /&gt;Il n’est pas le premier à vouloir tout expliquer par l’imitation. Dans son livre &lt;em&gt;Les lois de l’imitation&lt;/em&gt; (1890) Gabriel Tarde, comme Dawkins,  prenait les êtres humains pour des somnambules. À l’opposé de Durkheim, qui mettait de l’avant l’influence de la société sur les individus, Tarde partait des individus et fondait sa psychologie sociale sur la réplication des idées qui se répandraient de cerveau en cerveau par une sorte d’onde magnétique. Le magnétisme était à l’époque un phénomène physique fascinant, qui influença aussi Charcot et les thérapeutes de  l’hypnotisme. Maintenant, c’est la biologie qui est en vogue. On sait que même si Tarde, fut glorieusement élu au Collège de France, sa théorie de l’imitation n’a eu aucune postérité. Elle n’en méritait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les poux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il en sera de même de Dawkins. Les idées et les gènes n’ont rien de commun en dehors du fantasme analogique dans lequel il a voulu les confondre. La réplication des gènes suppose un programme spécifique ou différentiel de l’ADN et des contacts physiologiques dont la diffusion des idées devrait alors trouver un équivalent dans les médias ou dans le magnétisme de l’air…  Dawkins ne nous donne pas d'explication scientifique de la réplication. La parodie apparaît vite intenable. Comme Tarde, Dawkins est incapable d’expliquer par la réplication la création de l’inédit. La loi de la divergence échappe autant à l’un qu’à l’autre. Même si les idées ne nous viennent pas du ciel (ou du diable), ou de l’éther eidétique platonicien, même si je suis de ceux qui soutiennent que les idées naissent électro-chimiquement du cerveau et trouvent leur formulation par réplication sous l’influence des modèles culturels dominants, il demeure que les idées nouvelles, celles qui nous font évoluer, s’inventent par la contestation individuelle, le déni, la divergence, que la réplication ne saurait expliquer, et selon des modalités qui n’ont rien à voir avec celles d’un darwinisme génétique, qui suppose une meilleure adaptation accidentelle. Dawkins nous plonge dans un brouillard irisé, avec une théorie fiction que nous rejetons d’autant plus qu’elle est antihumaniste, fataliste, inacceptable du point de vue de la liberté et de la créativité humaine. Les mèmes parasiteraient nos cerveaux comme les poux nos cheveux, à notre insu, sans qu’on ait aucun moyen à leur opposer, puisque ce sont eux seuls qui sont les acteurs et peuvent s’éliminer les uns les autres au profit du plus fort. Dawkins a eu le mérite d’être un biologiste athée. Mais on ne saurait davantage hypostasier la génétique que la religion. Ce ne sont pas les gènes qui ont créé l’univers! Admettons que les gènes font partie d’une complexité beaucoup plus grande qu’eux et de luttes de pouvoir qui peuvent avoir facilement raison d’eux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les petits lutins&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois de plus – c’est devenu une tradition – on observe que les biologistes qui se prennent pour des philosophes et tombent dans la métaphysique biologique, atteignent vite leur principe de Peter. Les mèmes ne méritent pas plus notre attention que les petits lutins, sauf du point de vue de la mythanalyse. Pourquoi l’homme cherche-t-il toujours de nouvelles représentations et justifications de son aliénation : religieuse, politique, sociologique, psychanalytique, et maintenant génétique? À quoi cela sert-il de militer pour l’athéisme, comme Dawkins, si c’est pour tomber dans une fable encore plus aliénante que celle de Dieu? Les mèmes n’existent pas plus que les dieux, Monsieur Dawkins! Voilà bien une débilité étonnante. Il est temps que les hommes s’assument eux-mêmes sans s’inventer de si mauvaises raisons de renoncer à leur liberté et à leur responsabilité créatrice.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;________________________________________&lt;br /&gt;(*) Je ne suis pas même intéressé à expliquer les termes de sa théorie. Je recommande aux curieux de consulter Wikipedia. En voici un extrait :&lt;br /&gt;Un mème (de l'anglais meme ainsi que du français même) est un élément culturel reconnaissable (par exemple : un concept, une habitude, une information, un phénomène, une attitude, etc.), répliqué et transmis par l'imitation du comportement d'un individu par d'autres individus. L'&lt;em&gt;Oxford English Dictionary&lt;/em&gt; définit le mème comme « un élément d'une culture pouvant être considéré comme transmis par des moyens non génétiques, en particulier par l'imitation ».&lt;br /&gt;Le terme de mème a été proposé pour la première fois par Richard Dawkins dans &lt;em&gt;Le Gène égoïste&lt;/em&gt; (1976) et provient d'une association entre gène et mimesis (du grec « imitation »), en même temps qu'un jeu de mot sur le mot français « même ». Les mèmes ont été présentés par Dawkins comme des réplicateurs, comparables à ce titre aux gènes, mais responsables de l'évolution de certains comportements animaux et des cultures.&lt;br /&gt;L'étude des mèmes a donné naissance à une nouvelle science : la &lt;em&gt;mémétique&lt;/em&gt;. (sic!)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-3675614104584932015?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2010/02/meme-les-memes-ne-maiment-pas.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-8952761340928405516</guid><pubDate>Sat, 13 Feb 2010 23:09:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-02-13T18:22:37.235-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>naïveté</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>le vieux cybermonde</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>paradis numérique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>mythe de l'innocence</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>FaceBook</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>vie privée</category><title>Le schisme générationnel</title><description>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_LqaIBlFiJSw/SodeTvfs9uI/AAAAAAAAANY/hFFP0GkLj5g/s400/anges.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 285px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_LqaIBlFiJSw/SodeTvfs9uI/AAAAAAAAANY/hFFP0GkLj5g/s400/anges.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Alors que je dénonce depuis ses débuts la naïveté qui incite tant de gens à étaler leur vie privée dans Facebook, sans se soucier de tous les usages malveillants et effets pervers auxquels cette convivialité complaisante peut donner lieu, force est de constater je prêche dans le désert. Je ne suis pourtant pas le seul; plusieurs organismes publics lancent de nombreux avertissements face à l’abus de ces médias sociaux qui imposent à leurs usagers des contrats aussi discrets qu’inacceptables quant au droit qu’ils se donnent de céder – pour ne pas dire explicitement monnayer - ces informations à des compagnies de télémarketing ciblé. Mieux encore : toute personne malveillante, tout futur employeur, peut accumuler des informations ciblées sur des millions de personnes par simple data mining. Facebook est ouvert comme un moulin.  Et il est éventuellement impossible de récupérer et effacer avec certitude ces données parfois intimes. Facebook, par exemple, s’est donné le droit de les conserver sans limite de temps, à votre insu.&lt;br /&gt;Il est clair qu’aucun avertissement – venant des institutions publiques et des générations plus averties - ne semble avoir d’effet face à la nouvelle génération, qui ne voit aucun mal à s’abandonner délicieusement dans cette transparence numérique. Inutile d’y résister, ajoute-t-elle : c’est le sens de l’évolution. D’ailleurs, la technologie est trop puissante et ce serait une bataille perdue d’avance  - et ringarde – que de vouloir échapper au cristal du cyberespace et à son ubiquité. Nous nous retrouvons dans une cosmogonie sociale sans ombres, comme dans les peintures primitives. Sans recoin caché. Sans profondeur. L’utopie de l’innocence numérique est puissante. &lt;br /&gt;Il est vrai que le succès explosif de ces médias sociaux (Facebook revendique aujourd’hui 400 millions d’inscrits), leurs vertus incontestables de convivialité, leur usage fréquent pour les bonnes causes, les campagnes politiques, humanitaires, ont imposé une image très positive. Il serait même devenu désuet d’échanger ses courriels dans le vieux cybermonde des messageries électroniques plutôt que sur ces nouvelles places publiques de l’âge du numérique. Bien sûr, si le cyberespace est un paradis, il est beaucoup plus séduisant que le monde réel que dominent encore la suspicion et le mal. Mais comment le croire, alors que la cybercriminalité, le vol d’identité, la prédation sexuelle y sont si présents! &lt;br /&gt;Nous sommes confrontés, au sein de la même Église numérique, à un schisme générationnel entre les immigrants de la vieille génération, dont je suis, encore prudents, méfiants, et les nouveau-nés du cybermonde, pour qui l’oxygène qu’ils respirent est tout naturellement numérique. Inutile de vouloir les raisonner : c’est une question de foi, aveugle comme toutes les fois, frôlant même inconsciemment l’intégrisme numérique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les nouveau-nés du cybermonde&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avoue être de l’ancienne foi, celle de la fascination critique; trop conscient de l’immense valeur humaniste du numérique pour ne pas craindre ses dérives et ne pas veiller à ses bons usages sociaux. Et je ne doute pas qu’avant peu les démocraties dignes de ce nom encadrent légalement les pratiques abusives des médias sociaux. Après tout, au paradis, on n’a plus rien à cacher et on se promène sans doute tout nu – c’était le cas dans le paradis terrestre -; mais ici-bas, la loi interdit de se déambuler nu dans la rue. Alors pourquoi la tendance actuelle est-elle de se dévoiler sans retenue dans l’espace public des médias sociaux? Et ce n’est pas seulement une question de pudeur sociale : ces anges innocents donnent la clé et le code d’entrée de leur maison aux voleurs. Le goût sucré du rêve risque de tourner prochainement à l’amertume du cauchemar numérique si une législation réaliste ne lui est pas opposée.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-8952761340928405516?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2010/02/le-schisme-generationnel.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_LqaIBlFiJSw/SodeTvfs9uI/AAAAAAAAANY/hFFP0GkLj5g/s72-c/anges.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-2667862252429919387</guid><pubDate>Sat, 30 Jan 2010 16:26:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-02-20T15:41:19.655-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>mutation</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>adaptation</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Kant</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>création</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Darwin</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>évolution</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>divergence</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>vitalisme</category><title>Darwinisme et numérisme</title><description>&lt;a href="http://alexandre.alapetite.fr/iup-gmi/cbgp/annexes_fichiers/pcr06.gif"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 380px; height: 210px;" src="http://alexandre.alapetite.fr/iup-gmi/cbgp/annexes_fichiers/pcr06.gif" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Je poursuis ici ma réflexion sur la théorie de la divergence que j’oppose à celle de l’adaptation darwinienne.&lt;br /&gt;Darwin, en inventant la loi de l'évolution, nous a libéré du créationnisme. Grâce lui soit rendue. Mais sa théorie de l'adaptation par la sélection de l'écart physiologique est beaucoup trop mécanique pour être suffisante à expliquer le phénomène global de l’évolution et la multiplication des espèces à l'échelle que nous connaissons. La puissance inventive de la nature et la prolifération de tous les scénarios biologiques possibles et imaginables qui en résultent dépasse les limites d’un processus d’adaptation. La nature est créative de par sa propre dynamique interne, pas seulement par réaction à l’environnement.&lt;br /&gt;J'ai déjà souligné que le darwinisme ne saurait expliquer le cas de l'espèce humaine. L'histoire récente de l'humanité, au sens de ce que nous avons été capables d'en découvrir et de ce que nous pouvons observer, démontre, outre bien sûr une grande capacité d'adaptation ou d’ajustement aux conditions de vie, que seule une série de multiples divergences et mutations peut nous avoir menés à ce que nous sommes aujourd'hui. Nous ne sommes pas descendus du ciel, certes. Mais il ne suffit pas de dire que nous sommes descendus des arbres pour expliquer que nous ayons perdu notre queue, et que nous nous soyons redressés sur nos pattes arrière. Il ne suffit pas de dire que notre cerveau s'est développé pour nous permettre d’échapper aux prédateurs, alors que notre corps n'avait plus les capacités physiques de leur échapper ou de les affronter, ou parce que nous sommes devenus des primates carnivores. La nature a manifestement une capacité organisationnelle et une intelligence propre, qui la rend extrêmement créative. L’évolution de l’espèce humaine a résulté de projets successifs et non de réactions adaptatives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               &lt;strong&gt; Le vitalisme est un matérialisme&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne suffit pas de dire que la vie a commencé il y a quatre milliards d'années dans les eaux salées des océans, puis qu'elle s'est adaptée progressivement à la vie terrestre depuis quatre cents millions d'années. Le matérialisme a été conçu comme une libération de l’aliénation religieuse du créationnisme. Mais il ne faudrait pas le réduire à un mécanisme simpliste. Depuis le XIXe siècle, les sciences de la vie ont connu un développement spectaculaire. La matière atomique est devenue elle-même dynamique et vivante. Nous devrions désormais parler de vitalisme et non plus de matérialisme. Le vitalisme est un matérialisme, dans sa formulation plus actuelle. Certes, nous avons longtemps été réticents par rapport à ce mot qui semble aussi simpliste que «la vertu dormitive du sommeil» dont se moquait Molière. Mais le reproche ne vaut-il pas aussi pour le matérialisme ? Nous ne devrions plus redouter que certains l’interprètent comme une dynamique surnaturelle qui pourrait réintroduire un mystère divin. Nous ne considérons dans le vitalisme, qui n’est pas une théorie constituée, que la puissance de développement biologique de la nature. Ce n'est pas parce que nous n'avons pas la capacité de l'expliquer qu’il n’existe pas. Le fait que nous soyons de plus en plus capables de déchiffrer des processus physiques, chimiques, physiologiques de la vie ne signifie pas que nous sachions expliquer le vitalisme qui les a créés, mais seulement que nous sommes parties prenantes de la vie. Sans ce vitalisme de la nature, nous ne serions pas là aujourd'hui pour en parler. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;      &lt;strong&gt;Affirmer, contre Kant, notre capacité à déchiffrer la nature&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes de constitution homogène avec la nature, de plain pied avec elle. Nous pensons avec ses structures mêmes. Cette homogénéité entre nature et espèce humaine – et comment pourrait-il en être autrement ? – remet en question le dualisme kantien. Emmanuel Kant avait exprimé les principes de prudence dont nous avions besoin au XIXe siècle pour ne plus tomber dans des abus de pensée. Ses &lt;em&gt;Prolégomènes à toute métaphysique future &lt;/em&gt; avaient ce grand mérite. Mais Kant plaçait ainsi l’homme dans un statut de séparation totale d’avec la nature, de non communication possible avec elle. Nous limitant à une connaissance phénoménologique, il imposait une séparation insurmontable entre l’homme et la matière: une opposition qui constituait un résidu de l’idéalisme platonicien et chrétien. Nous participons au même langage que celui de la nature. Nous déchiffrons réellement la nature, même si cela demeure encore très partiel parce que nous sommes une partie de la nature, en osmose avec elle. Nous devons nous réconcilier intimement avec elle, ce qui est aussi une source de bonheur et d'apaisement de notre anxiété et sentiment de l'absurde. Et bien entendu, au-delà de cette compréhension limitée de l'univers, ce sont les humains qui décident de son sens - son orientation - qui relève, comme le progrès moins d'une &lt;em&gt;lecture&lt;/em&gt; que d'une volonté humaine.&lt;br /&gt;Le darwinisme n’est pas faux. Il est seulement insuffisant; il constitue un élément partiel d’explication de l’évolution, une explication de détail, anecdotique comme les exemples d’adaptation qu’il cite à l’appui de sa démonstration. Il ne prend pas en compte le principal, qui est la capacité de la nature elle-même d'initier des sauts, des mutations, de diverger, de projeter,d’explorer de nouvelles combinaisons génétiques, qui elles-mêmes se développeront jusqu’à leur accomplissement, au point même d’adapter leur environnement à leurs besoins, comme le fait l’homme de plus en plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                               &lt;strong&gt;L'instinct de création&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, on ne saurait expliquer l’invention et le développement exponentiel du numérisme avec les concepts darwiniens d’écarts dûs au hasard, permettant une adaptation, puis une sélection assurant son existence. Les concepts darwiniens sont inopérants face à ce phénomène, qui a pourtant une importance évolutive majeure pour notre espèce. Ce n’est pas davantage l’adaptation à la compétition commerciale, les capacités de gestion, de contrôle ou de communication du numérique qui expliquent son émergence et sa généralisation. Ce serait une explication juste, mais beaucoup trop réductrice. Nous ne saurions nier ici l’instinct de création qui anime les programmeurs aussi bien que les entrepreneurs et que les utilisateurs.&lt;br /&gt;Oui, il existe dans la nature, y compris dans la nature humaine, un instinct de création. Peut-être l’expliquerons-nous un jour par des processus physiologiques. Mais même si nous sommes aujourd’hui démunis pour en démontrer l’existence, nous l’affirmons parce que ses effets sont indéniables. Le darwinisme ne saurait expliquer le numérisme. Le numérisme lui, le remet en question.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-2667862252429919387?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2010/01/darwinisme-et-numerisme.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-6616918265739631517</guid><pubDate>Sat, 30 Jan 2010 16:06:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-02-13T11:02:47.882-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>bêtise connective</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Napoléon</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>intelligence partagée</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>H1N1</category><title>Contamination virale</title><description>&lt;a href="http://assiste.com.free.fr/m/img/spam_002.gif"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 376px; height: 517px;" src="http://assiste.com.free.fr/m/img/spam_002.gif" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt; On a vu, à l’occasion de la fausse grippe espagnole, la H1N1 de l’automne 2009, dont l’Organisation mondiale de la santé nous a annoncé la catastrophe mondiale, que le virus, s’il a finalement été beaucoup moins virulent que prévu ici-bas, a sévi au contraire rageusement dans le cyberespace. À preuve : quelques commentaires que j’ai alors relevés dans des clavardages et des blogs, et qui feraient croire à la contamination virale de la bêtise par la technologie numérique: &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- J'ai l'impression que l'on assiste à une vague conspiration dicté par les mégas compagnies pharmaceutiques. &lt;br /&gt;- Le gouvernement à investi beaucoup d'argent dans le vaccin, si les gens ne se font pas vacciner en masse, il perd la face. &lt;br /&gt;- Pour moi la vraie menace vient des grosses compagnies pharmaceutiques qui nous volent sans gêne en brandissant l'épouvantail à moineau de peur. Moi, le vaccin, C'EST NON. Ma grand-mère a eu la grippe espagnole deux fois (dont la souche venait de l'Asie) et par ses anticorps je suis immunisé. Notre système immunitaire est très capable de se défendre contre toute grippe; il est fait pour ça. Lorsque le gouvernement nous donne des chiffres de mort par la H1N1, il ne nous dit pas la nationalité des morts. Et pour les autres qui sont décédés, et bien, leur santé était très fragile avant l'infection. NON MERCI. JE NE VEUX PAS DE VOTRE COCHONNERIE DANS MON SYSTÈME. &lt;br /&gt;- De toutes façons, une personne qui se ferait vacciner porterait déjà le virus en elle, ce qui est le but du vaccin: on te donne une micro dose du virus pour que ton système immunitaire puisse le combattre par lui-même. Or, avec le mercure et le scalène qui y sont inclus, le système immunitaire est déjà affaibli. Il suffirait d'attraper un autre virus à ce moment pour qu'il mute avec le H1N1 présent dans l'organisme. De plus, l'efficacité du vaccin contre la grippe saisonnière n'a jamais été prouvée, en 40 ans d'utilisation. Combien de personnes, dont j'ai entendues dire qu'elles avaient eu la grippe après avoir reçu une dose de vaccin? &lt;br /&gt;- On ne peut pas boycotter les autres médecins/spécialistes/experts qui disent que le vaccin est dangereux juste parce qu'un docteur élu dit qu'il est sûr. Je n'ai pas confiance en les élus car ils trempent toujours dans des affaires louches. (ex. de la mafia, scandale des commandites... juste pour nommer ceux-là).  Il y a aussi la propagande gouvernementale: les campagnes de pub pour inciter les gens à se faire vacciner. Les pharmaceutiques vont vraiment s'en mettre plein les poches! &lt;br /&gt;- Je ne peux faire confiance aux médecins car leurs discours sont trop contradictoires. Si TOUS les médecins étaient d'accord, j'irais me faire vacciner mais là, il y en a trop qui disent haut et fort que c'est dangereux. &lt;br /&gt;- Le plus grave problème que peut créer une vaccination de masse, est qu'il permette la mutation du virus qui peut chercher à s'adapter, comme c’est le cas pour les antibiotiques ; à un moment donné, on s’est aperçu qu’on en avait trop administrés et que cela modifiait les agents d'infection qui s'adaptent, en plus de réduire le système immunitaire qui devient moins opérationnel quand les antibiotiques prennent trop de place au lieu des anticorps dans la défense. &lt;br /&gt;- De toute façon on est presque 7 milliards sur terre; tous les "DOUZE" ans la population mondiale augmente d’un milliard. Quand le premier milliard sur terre est arrivé vers 1850 ça a été une folie furieuse. La Terre est DUE pour un "MAJOR CLEAN UP".&lt;br /&gt;- Il suffit de voir la catastrophe que la surpopulation cause bien avant que H1N1 se pointe.  Étant un organisme vivant, la Terre se défend comme elle peut contre ses "surplus": cataclysmes, changements climatiques, épidémies. C'est mathématique: quand on est trop nombreux, une sélection naturelle des plus forts prend le dessus et la nature élimine le reste. Pour ramener ça à une plus petite échelle plus facile à comprendre, si on est 40 attablés devant un repas pour 4, seuls les plus rapides et les plus forts vont pouvoir manger. La loi de la jungle va éliminer les autres. C'est triste, c'est chien, mais c'est comme ça. Et oui, ça se pourrait que je sois un de ceux qui vont passer dans le tordeur. Je l'envisage froidement. Paniquer et se lancer des insultes n'aideront en rien. Au contraire....&lt;br /&gt;- C'est assez inquiétant en effet. Encore plus inquiétant quand le Ministère de la Santé ne me répond pas après un courriel que je leur ai envoyé pour m'enquérir des mesures qu'ils vont prendre pour combattre la pandémie.&lt;br /&gt;- Que va t-il se passer en moment de crise ? L'armée va défoncer votre porte, mitraillettes à la main et vous forcera, sous menaces de mort, à vous faire vacciner sur place ou dans un lieu prévu à cet effet. Vous allez voir si vous aimez les soldats et le gouvernement autant que vous le dites. Le plus grand risque pour l'humanité n'est pas le virus mais les réactions exagérées possibles du gouvernement. N'étant pas bien préparés et prenant du retard, ils réagiront de façon exagéré pour compenser. Ce qui veut dire que des gens pourront être détenus sans procès et sans avertissement et que des gens en parfaite santé risquent d'être forcés en quarantaine avec des gens infectés. Tant qu'à mourir dans un cachot bondé de bébés qui pleurent, de vomissure et de chiasse par terre, des gardiens armés et du personnel médical qui nous traitent comme si on était des déchets biomédicaux sans valeur, aussi bien mourir debout à combattre la police et les agents de santé Canada qui viendront cogner à nos portes.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Que dois-je ajouter? Que je pourrais remplir des pages et des pages de citations de ce genre, qui m’ont fait penser que l’internet est un terrible révélateur de l’immaturité humaine. Mes amis gourous lui attribuent des vertus dont je doute : celle de "l’intelligence connective" ou "partagée".  Et la culture scientifique est encore peu répandue. Il est vrai qu’au temps de Napoléon 1er, il y a seulement deux cents ans, les médecins soignaient encore les hémorroïdes avec des sangsues. Ne désespérons pas du progrès. Mais il y a du travail à accomplir!&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-6616918265739631517?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2010/01/contamination-virale.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-208643262373912698</guid><pubDate>Thu, 21 Jan 2010 02:41:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-02-28T13:38:44.257-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>3D</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>piratage</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>4K</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Peter JAckson</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Jack Valenti</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>James Cameron</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Ubisoft</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Wellywood</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Hybrides</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Avatar</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Déclin Empire hollywoodien</category><title>Le virage hollywoodien</title><description>&lt;a href="http://skew.dailyskew.com/uploaded_images/Avatar-movie-Wallpapers-793418.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 250px;" src="http://skew.dailyskew.com/uploaded_images/Avatar-movie-Wallpapers-793418.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;En 2010, Hollywood a manifestement pris conscience des difficultés grandissantes de son industrie face à la montée en puissance des technologies numériques. Les majors savent qu’ils ne seront pas capables d’imposer le 4K qui leur aurait permis de se protéger du piratage comme les bobines 35 mmm avaient pu le leur permettre jusqu’à présent. Trop cher et inutile du point de vue de la qualité de projection, le 4K n’a aucune justification du point de vue cinématographique. Le coût, comme dispositif anti-piratage, est pire que les pertes de revenus qu’on veut combattre et les propriétaires de salles ne sont évidemment pas prêts à assumer un tel investissement. &lt;br /&gt;Les majors constatent aussi la difficulté de dominer un empire mondial avec un lancement simultané de milliers de bobines qui leur coûtent une fortune avant même que le film ait été testé sur le marché américain. Certes, la logique les a contraints à cette nouvelle politique pour limiter les pertes dues à la prolifération des copies DVD illégales ; mais là encore, le remède est pire que le mal. Jack Valenti les avait avertis. Ils rencontrent de plus en plus de difficulté à tirer profit d’une industrie qui produit trop de navets, dont le lancement mondial est exorbitant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;panem et circum&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle solution ? Puisque le numérique est devenu incontournable, autant en tirer avantage, pense Hollywood, en produisant désormais des films IMAX et en trois dimensions, qui coûteront certes très chers, mais qui ne seront plus piratables et qui rapporteront encore plus. L’expérience de James Cameroun avec le film Avatar sorti en salles fin 2009 est concluante. &lt;br /&gt;Bien sûr, le film a coûté près de 500 millions de dollars : un record. Mais il a aussitôt rapporté plus d’un milliard en dix-sept jours ! Un autre record. Et en six semaines il dépassait le dernier record, de 1,8 milliards obtenu lui aussi par James Cameroun, pour Titanic, mais seulement au bout de quarante et une semaines. Si l’on y ajoute une espérance de vie encore à venir, le jeux électronique qui lui est lié, et les produits dérivés, Avatar peut espérer dépasser aisément les deux milliards de dollars. Lorsqu’on atteint ces chiffres, il n’est plus nécessaire de multiplier les productions chaque année. Certes les billets d’entrée pour Avatar (qui incluent des lunettes 3D pour un supplément de trois ou quatre dollars) est élevé. Titanic a attiré quatre-vingt dix millions de spectateurs, alors qu’Avatar n’en a eu que quarante millions pour le même montant de revenus. Mais qu’importe : ce sont les revenus qui comptent, plus que le nombre de spectateurs. On peut même espérer faire un profit supplémentaire sur la vente des lunettes, dont le coût, pour une telle production de masse, est devenu marginal. Et nous aurons bientôt aussi des téléviseurs 3D.&lt;br /&gt;Bien sûr, du point de vue cinématographique, Avatar est un gros navet. Ni le thème, ni le story-board, ni les caractères, ni le jeu des acteurs ne rencontrent les standards minimums d’une œuvre cinématographique de qualité. Au moins la catastrophe réelle du Titanic avait-elle pu créer un minimum de complexité dans l’histoire du film, dans la richesse psychologique des personnages. Dans le cas d’Avatar, une histoire de science-fiction entièrement inventée, James Cameroun laisse voir immédiatement son simplisme navrant. Il a inventé une fable insipide située sur une planète gazeuse bleutée, Pandora, lune de Polyphème, à 4,22 années lumières de la Terre, où de méchants militaires américains détruisent le paradis terrestre de bons sauvages, les Na’vis, pour exploiter un minerai, l’unobtanium, qui permettrait de résoudre la crise énergétique sur la Terre. Certes, la fable est écologique, mais binaire, et les militaires sont stupides et brutaux. L’un d’entre eux trahit le drapeau américain pour essayer de sauver cet environnement féérique et sa population innocente, ce qui a eu pour effet sympathique de déchaîner la droite républicaine américaine contre le film. Mais l’histoire d’amour est aussi mièvre que la fable. Du point de vue scientifique, ce film de science-fiction va à l’encontre de principes les plus élémentaires de la science, sans le moindre souci d’explication de ce minerai fabuleux, des lois contraires à la gravitation et au magnétisme, de la cryogénisation, ou de la création d’avatars humains. On se fait seulement expliquer que la nature de Pandora a plus de connexions neuronales que le cerveau humain, qui ce la rend intelligente. &lt;br /&gt;Rien ne sauve ce film de près de trois heures sauf – et il faut le dire aussi – la beauté des paysages en images de synthèse, la luxuriance merveilleuse de la faune et de la flore, et l’invention d’une langue, celle des Na’vis, concoctée avec de vrais linguistes. &lt;br /&gt;Et ce film mérite aussi d’être vu pour la performance exceptionnelle des animations en images 3D, grâce à une technologie 3D « fusion nouvelle ». Il a fallu plus de un Petaoctet de stockage (1048 576 Gigaoctets), soit deux disques durs de deux Tetraoctets, pour produire ce film dans les studios de Miramar en Nouvelle Zélande, qui dispose aussi d’un serveur Blade ultraperformant avec 40 000 processeurs et 104 To de mémoire vive (RAM). On notera d’ailleurs que les professionnels québécois sont nombreux sur le générique, ceux d’Ubisoft la multinationale du jeu électronique et de sa filiale Hybride fondée par Pierre Raymond et réputée pour sa maîtrise des effets spéciaux. Nous sommes à Wellington, le nouveau « Wellywood » développé par le Néo-zélandais Peter Jackson, à qui l’on doit déjà la réalisation d’un remake de King Kong, du Seigneur des anneaux, de Lovely Bones. Il prépare une superproduction, les Aventures de Tintin. Il intéresse non seulement James Cameroun ou Steven Speilberg, mais aussi Robert Zemeckis (Retour vers le futur, Forest Gump, Le Drôle de Noël de Scrooge). George Lucas,  George Miller, David Fincher, etc. Bref, on a le sentiment qu’Hollywood se déplace vers Wellywood pour y produire à meilleur coût des productions en très hautes technologies numériques. &lt;br /&gt;Le projet ne serait pas seulement d’y tourner de nouvelles productions, mais aussi de reprendre les blockbusters de la production hollywoodienne en 3D. Finie, la hantise du piratage, fini aussi le coûteux star system, puisqu’on recourra de plus en plus à des personnages en images de synthèse et au motion capture, qui permet de les animer avec les mouvements fluides d’acteurs réels, mais dont les contrats sont beaucoup plus modestes. &lt;br /&gt;Ainsi voit-on l’industrie hollywoodienne prendre un virage majeur et s’orienter de plus en plus vers le divertissement spectaculaire en 3D,  &lt;em&gt;panum et circus&lt;/em&gt; – du pain et des jeux - de l’empire romain. On constate qu’aux États-Unis, 80% des spectateurs ont payé le supplément pour voir Avatar en 3D, tandis qu’en France, ce sont seulement 60% qui ont jugé la dépense utile. On peut supposer que le public français, plus cinéphile, espérait encore voir un film de la qualité de Titanic – et il a été évidemment très déçu-, tandis qu’aux États-Unis, le public recherchait plus le divertissement spectaculaire pour lui-même. &lt;br /&gt;Aussi performant technologiquement qu’il puisse être, tout film devrait tendre au grand art cinématographique. Ce n’est plus le cas avec cette nouvelle industrie du divertissement. Aussi voit-on le succès d’Avatar s’éteindre rapidement comme un feu de paille, cédant dès la huitième semaine la première place au  box-office à Dear John, un mélo, et à From Paris With Love avec Travolta. Même en 3D, un navet demeure un navet, mais qu’importe s’il a rapporté deux milliards, car telle est la logique de Hollywood qui domine toute autre préoccupation. Lorsque l’attention du réalisateur est détournée presqu’exclusivement vers la technologie, l’art n’est pas bien servi. Peu importe. La recette est pour Hollywood du pain bénit. &lt;br /&gt;On peut prévoir qu’Hollywood laissera progressivement aller la production de films classiques, films d’auteurs, films indépendants, dont les revenus sont de plus en plus aléatoires lorsque la logique de l’empire exige de les lancer simultanément sur toute la planète pour se protéger – brièvement seulement – du piratage, et se consacrera désormais de plus en plus au divertissement spectaculaire 3D. &lt;br /&gt;Sans doute ne pouvait-on pas prévoir en 2004, lorsque j’ai publié ce livre pour la première fois, que cette technologie deviendrait aussi rapidement généralisable. Mais cette évolution – intelligente du point de vue commercial -, qui correspond finalement au core business de l’industrie hollywoodienne, est tout à fait respectable. Elle permettra à Hollywood de continuer à faire des profits, en faisant autre chose que ce que nous appelons du cinéma. Même si les majors continuent à produire quelques films classiques – pourquoi pas : ils ont déjà produit beaucoup de chefs d’œuvres de grands réalisateurs -, ils laisseront de plus en plus le terrain libre pour les producteurs et les distributeurs indépendants, ceux qui nous ont habitués à un cinéma de qualité. L’art cinématographique ne se heurtera plus au monopole funeste de multiplex américains. Il pourra revivre pour notre plaisir et aborder des thèmes importants pour nos sociétés. Rien n’empêchera que ceux qui le veulent puissent aussi aller sucer des bonbons 3D dans les arènes hollywoodiennes. Ce que nous revendiquons seulement, c’est que Hollywood cesse de tuer l’art cinématographique. S’il se consacre à autre chose, nous n’avons plus de raison de le dénoncer.&lt;br /&gt;Dans des pays comme la Chine, où l’on est friand, comme partout ailleurs, de spectacles distrayants à grand renfort d’effets spéciaux, ce virage de l’industrie hollywoodienne peut être bien reçu aussi. Il demeure que la voie est désormais libre pour développer une cinématographie indépendante, chinoise en Chine, brésilienne au Brésil, italienne en Italie dans de nouveaux réseaux de distribution numérique du cinéma, celui qui compte artistiquement, en échappant à l’impérialisme et à l’obstruction hollywoodien, qui vont progressivement céder le terrain. Et que nous importera alors que Hollywood s’enrichisse ou fasse faillite ! Il aura perdu son pouvoir de nuisance.&lt;br /&gt;D'ailleurs, les effets racoleurs du 3D assureront-ils à coup sûr l'avenir de Hollywood? L'avenir le dira, mais je n'en suis pas tout à fait convaincu. Les sièges dynamiques de quelques salles de cinéma, qui permettent d'épouser les mouvements d'un vol de dynosaures ailés ont du succès. Certes, comme plusieurs gadgets nouveaux. Ajoutons les odeurs, comme dans &lt;em&gt;Polyester&lt;/em&gt;, le film de John Waters en &lt;em&gt;&lt;em&gt;Odorama&lt;/em&gt;&lt;/em&gt;, qui date déjà de 1981 et n'a guère eu de suite. Puis le vent, la pluie ou la marée montante dans les salles. La course au gadget est commencée. Elle tuera certainement le cinéma, mais peut-être seulement celui de Hollywood. Elle libérera l'autre, celui de ses grands créateurs qui en ont fait un art majeur.&lt;br /&gt;Hervé Fischer(*)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(*)Voir Hervé Fischer, &lt;em&gt;Le déclin de l'empire hollywoodi&lt;/em&gt;en, éditions vlb, Montréal, 2004.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-208643262373912698?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2010/01/reves-davatars.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-7151101310204828569</guid><pubDate>Thu, 17 Dec 2009 17:40:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-12-17T14:51:37.120-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Saint Nicolas</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>commerce électronique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Noël</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Google</category><title>Papa Noël, le dieu des réseaux numériques</title><description>&lt;a href="http://oinm.org/blog/uploaded_images/pere-noel-718496.bmp"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 187px; height: 194px;" src="http://oinm.org/blog/uploaded_images/pere-noel-718488.bmp" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;*&lt;br /&gt;Cet étrange personnage mythique, qui évoque une sorte de joyeux Bonhomme Hiver, généreux porteur de cadeaux, au moment où le climat se fait rude, a gagné la terre entière, même les pays chauds. Il est drôle à voir en Afrique, avec sa tuque, ses gants et son épais manteau rouge. Le commerce l’a attrapé par la barbe. Décliné du Santa Klaus, le Saint Nicolas de la froide Germanie, qui l’a exporté avec les immigrants à New York au XVIIe siècle, il n’a plus rien à voir avec le christianisme, même si en Occident nous l’avons lié à la naissance du petit Jésus. Il n’est pas cité dans la Bible! Il habite au 1, chemin des nuages, Pôle Nord, HOH OHO, mais il se rencontre plutôt dans les grands magasins. Aujourd’hui, en Chine, il est partout où il y a un commerce, une boutique, un restaurant, une station d’essence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                         &lt;strong&gt;Le dieu du commerce électronique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Parlerons-nous à la veille des fêtes de fin d’année de e-Papa Noël? En fait, le Père Noël est un personnage mythique quasi numérique avant la lettre. En apesanteur sociologique planétaire, il jouit de la même ubiquité et immédiateté que l’internet. Il surfe avec ses rennes  et son traineau sur les réseaux étoilés et entre dans chaque maison. Sans fil! Par le cadre de la cheminée, symbole du foyer, qu'ont remplacé depuis la télévision puis l'écran d'ordinateur. Il livre le bonheur à domicile, qu'il puise dans l'abondance virtuelle. Il semble venir du cybermonde et nous connaître tous par notre prénom, comme dans médias sociaux Facebook ou Twitter. Il est notre ami. Et comme il apporte les cadeaux par magie, il pourrait bien devenir le dieu du commerce électronique. e-Bay et Amazon relayés par Google pourraient en faire le symbole du bonheur numérique. La prochaine génération l'appellera-t-elle le Père Google? En tout cas, il orne déjà chaque année en décembre la page d’accueil de notre célèbre moteur de recherche. &lt;br /&gt;Le bon vieux temps de la poste se terminera bientôt ; les enfants d'aujourd'hui écrivent au Père Noël par courriel. On dénombre des dizaines de sites où ils peuvent rejoindre le Père Noël ppar ordinateur pour lui demander leurs cadeaux. Et comme tous ces enfants donnent des indications précises pour s'assurer de bien recevoir leurs cadeux, le commerce a su y mêler des images bordées d'étoiles à des catalogues de jouets que les heureux parents y retrouveront facilement pour honorer comme il se doit la réputation du Père Noël avec leur carte de crédit. Dans la vie réelle, ces sites ne sont donc pas toujours aussi innocents qu'ils paraissent, même si plusieurs d'entre eux prennent explicitement des précautions pour protéger la vie privée des enfants et de leurs familles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                         &lt;strong&gt;Le Père Google&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;On dit que seuls les enfants croient au Père Noël. Certes, mais les adultes croient, eux, au Père Google et à la magie de l'internet! C'est Noël toute l'année pour beaucoup d'internautes! &lt;br /&gt;Vive Cyber Papa Noël, le dieu des réseaux numériques! Il existe. Et la preuve, la voici, dans un courriel de parents désabusés : "Cher Père Noël, viens reprendre les cadeaux que tu as apportés aux enfants. Ils ne les méritent plus, tant ils sont devenus insupportables!" Un sérieux avertissement à ces bambins désobéissants! On n'arrête pas le progrès. &lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;br /&gt;----------------------------------&lt;br /&gt;*&lt;a href="www.emailsanta.com/noel.htm"&gt;http://www.emailsanta.com/noel.htm&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Parmi d'autres, citons: &lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.perenoel.com/village/lettre/ - France "&gt;www.perenoel.com/village/lettre/ - France&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;a href="www.freetopia.free.fr/.../noel/internet-pere-noel.php "&gt;http://www.freetopia.fr/.../noel/internet-pere-noel.php&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="www.coupdepouce.com/...pere-noel/.../18027"&gt;http://www.coupdepouce.com/...pere-noel/.../18027&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-7151101310204828569?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/12/cyber-papa-noel-le-dieu-des-reseaux.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-3710971400561228332</guid><pubDate>Wed, 16 Dec 2009 15:07:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-12-16T10:58:55.638-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>téléphones mobiles</category><title>Pathologie cellulaire</title><description>&lt;a href="http://oinm.org/blog/uploaded_images/iPodx3-753171.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 138px;" src="http://oinm.org/blog/uploaded_images/iPodx3-753161.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Que ce soit à Beijing, à Rome, à Buenos Aires ou à New York, on observe que l'espèce humaine est en mutation. On dénote même deux variantes principales, celle des individus qui parlent fort tout seul, tout en vaquant à leurs activités usuelles, et celle de ceux qui ont systématiquement une main collée sur l'oreille opposée, tout en monologuant eux-aussi avec eux-mêmes. Les uns comme les autres ont l'air soucieux, les épaules crispées, les vertèbres un peu tordues. Ils font de la peine à voir et semblent prendre des risques en marchant vite sans prêter attention aux obstacles. Plusieurs ont été renversés par des voitures, comme s'ils n'avaient pas conscience de traverser des rues. Est-ce un nouveau virus? En tout cas une pandémie mondiale qui a gagné toutes les populations urbaines. Même réunis en petites groupes, ou assis dans un restaurant, ces individus semblent ignorer leurs proches. Sont-ils autistes? Les yeux agités, ils font des gestes incohérents, notamment des bras. Cela s'appelle la "pathologie cellulaire", du nom du masque miniature portable, dit parfois cellulaire, dont ils semblent se munir pour se protéger du mal, et qu'ils sont manifestement contraints de porter régulièrement à leurs oreilles. Est-ce une infection des oreilles ou du cerveau? Ou de la gorge? Parfois ils se collent le masque sur la bouche.&lt;br /&gt;L'ethnologue, que je suis devenu malgré moi, tant la chose est intrigante, a observé aussi beaucoup d'individus prostrés près d'un arrêt d'autobus, le regard fixé sur l'écran lumineux de leur masque, qu'ils tiennent constamment dans leur main, comme s'ils en attendaient un signal pour se protéger. Manifestement aucun signal ne vient. On en voit alors qui appuient hystériquement sur les touches minuscules du clavier dont l'objet est muni, ou qui passent le plat du doigt sur l'écran, et le caressent dans un sens ou dans l'autre, à la recherche d'on ne sait quelle indication. &lt;br /&gt;Hommes, femmes, adolescents, tous sont atteints du mal. Et la pandémie augmente sans cesse, sans qu'on ait été capable d'identifier le virus, ni de développer une vaccination ou un remède, malgré la multiplication des kiosques  et petites boutiques qui affichent les enseignes de la maladie et des masques qu'offrent différentes marques, dans tous les lieux publics. Plusieurs, sans doute plus atteints, portent d'ailleurs à demeure une prothèse sur l'oreille, avec ou sans câble relié à leur veste.&lt;br /&gt;Seules les populations rurales semblent moins atteintes. Il faudrait donc rechercher la cause du mal, comme pour le cancer, dans la pollution de l'air ou l'intensité des champs magnétiques et des radiofréquences des zones urbaines. D'ailleurs le mal est intense dans les aéroports où ils sont nombreux à porter leur masque cellulaire sur leurs oreilles. Et  dès l'atterrissage de leur avion, sans même attendre l'autorisation que le chef d'équipage est obligé de leur donner, on les voit tous sortir leur masque cellulaire de leur poche, à juste titre, certainement, car le mal les reprend dès que l'avion approche des bâtiments. &lt;br /&gt;Quelques enquêtes sont occasionnellement publiées, qui font état d'hypothèses et de résultats contradictoires. Chose certaine, les individus sont atteints de plus en plus jeunes. Sans cet objet, ils ont pourtant tous l'air normal, ce qui incite à penser que le masque est un remède qui fait plus de mal que de bien. On l'interdit d'ailleurs en voiture, pour des raisons de sécurité publique. &lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-3710971400561228332?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/12/pathologie-cellulaire.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-5472940421090792056</guid><pubDate>Fri, 20 Nov 2009 22:29:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-12-14T16:21:34.512-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Léger Marketing</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Phéromone</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>cyberacheteurs</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Yulbiz</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>FEVAD</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>CEFRIO</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>indice du commerce électronique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Baobaz</category><title>Le Québec et le commerce électronique : un rendez-vous manqué ?</title><description>&lt;a href="http://oinm.org/blog/uploaded_images/Julien_Galtier-749929.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 180px;" src="http://oinm.org/blog/uploaded_images/Julien_Galtier-749910.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le retard du Québec, un constat unanime&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne faut pas beaucoup d’efforts, même au néo-Québécois que je suis, pour se rendre compte à quel point la situation de la vente sur Internet au Québec est inquiétante. En effet il semble que tous les observateurs, mis à part la classe politique, partagent le même constat : le Québec est en retard à tous les niveaux en matière de commerce électronique, ce qui représente une menace réelle pour son avenir économique. Alors qu’ils  faisaient partie des pionniers des Technologies de l'Information et des Communications il y a encore une dizaine d’années, le Québec et le Canada sont aujourd’hui en queue de peloton pour le développement du commerce électronique, comme le rappelait Hervé Fischer en février dernier dans son billet « &lt;a href="http://oinm.org/blog/2009/02/le-canada-et-le-quebec-en-perte-de.html"&gt;Le Canada et le Québec en perte de vites&lt;/a&gt;se ». A tel point que le regroupement de blogueurs Yulbiz de Montréal publiait il y a un an une &lt;a href="http://montreal.yulbiz.org/2008/10/28/question-du-mois-doctobre-lettre-ouverte-au-premier-ministre-du-quebec/"&gt;lettre ouverte au Premier ministre du Québec Jean Charest&lt;/a&gt;, l’exhortant à mettre en œuvre  au plus vite un plan numérique d’envergure pour éviter au Québec « d’être laissé pour compte dans l’économie de demain ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les manifestations de ce retard&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Tout d’abord la faible proportion de Québécois qui effectuent des achats sur Internet. Même si &lt;a href="http://www.indice-commerce-electronique.qc.ca/"&gt;l’Indice du Commerce Electronique au Québec &lt;/a&gt;publié chaque mois depuis plus de deux ans fait état d’une progression régulière du nombre des cyberacheteurs, ils sont proportionnellement 2,5 fois moins nombreux qu’en France. Cela s’explique à la fois par le manque d’accès à Internet large bande dans certaines régions (20% des internautes québécois doivent toujours se contenter d’une connexion bas-débit), mais aussi par une relative défiance – totalement injustifiée – à l’égard des transactions sur le web. Pour preuve, moins d’un adulte québécois sur deux (45%) considèrent les transactions effectuées par carte de crédit sur Internet comme très ou assez sécuritaires, alors que les cas de fraude sont en réalité plus fréquents « hors ligne ». Il est grand temps de sensibiliser les citoyens à ces problématiques pour faire évoluer les mentalités.&lt;br /&gt;Le retard du Québec se traduit également par le manque d’audace de ses entreprises en matière de commerce électronique, et c’est ce qui constitue selon moi le cœur de la menace pour l’avenir de la province. En effet très peu de compagnies ont vraiment franchi le pas de la vente en ligne, elles sont à peine 12% à proposer à leurs clients des transactions avec paiement sur leurs sites Internet (contre 7% il y a un an). Cela constitue une offre bien faible pour faire face à la demande grandissante des cyberacheteurs, ce qui permet aux concurrents étrangers de rafler la mise sur le marché québécois. 41% des achats en ligne sont effectués sur des sites non canadiens, un chiffre qui ne prend même pas en compte les versions canadiennes des sites américains – pourtant bien souvent gérés de l’autre côté de la frontière, comme l’est Amazon.ca. A ce sujet, je vous invite à lire ou relire cet article du Devoir paru en février 2009 et intitulé &lt;a href="http://www.indice-commerce-electronique.qc.ca/"&gt;« Commerce électronique : le Québec en mauvaise posture »&lt;/a&gt;. Faute de prendre position sur le champ de bataille virtuel, les entreprises québécoises prennent le risque de perdre la guerre bien réelle qui les oppose à des concurrents de plus en plus internationaux ! Car je suis convaincu que l’engouement grandissant pour les achats sur Internet et la globalisation des échanges permettra à terme à n’importe quelle PME européenne ou asiatique de vendre ses produits directement aux consommateurs québécois, sans même avoir d’implantation locale. Imaginez alors l’impact sur le tissu économique et l’emploi au Québec !&lt;br /&gt;Enfin, il convient de souligner le manque d’expertise des prestataires de services dans le domaine du commerce électronique au Québec. Mais comment les blâmer quand on sait le peu d’intérêt que portent leurs clients à cet enjeu, pourtant crucial ? Pour illustrer ce point, intéressons-nous aux firmes certifiées « Partenaire Magento Enterprise », du nom de &lt;a href="http://www.magentocommerce.com/"&gt;la plateforme e-commerce Open Source &lt;/a&gt;la plus en vogue du moment : sur les 66 compagnies recensées, 18 sont américaines, 10 françaises (dont Baobaz) et… 1 seule canadienne ! Ce triste constat m’a été confirmé par la plupart des experts québécois que j’ai rencontrés jusqu’à présent, comme Jean-François Renaud d’Adviso qui fustigeait déjà cette situation en juillet 2008 dans son article &lt;a href="http://www.adviso.ca/le-commerce-electronique-au-quebec.html "&gt;« Le commerce électronique au Québec est-il payant ou pas ? »&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quelles solutions pour le Québec ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En premier lieu, je ne peux que me faire l’écho de ceux qui interpellent les responsables politiques (tant provinciaux que fédéraux d’ailleurs) et en appellent à une prise de conscience collective des enjeux des TIC en général et du commerce électronique en particulier. C’est grâce à une politique incitative volontaire que Montréal est, entre autres, devenue la capitale mondiale du jeu vidéo, créant ainsi des milliers d’emploi. C’est pourquoi les lobbies et autres associations liées au TIC doivent continuer à exercer une pression sur le gouvernement, pour qu’il prenne enfin des mesures concrètes à la hauteur des enjeux.&lt;br /&gt;Toutefois, il me semble que ce sont les entreprises québécoises qui détiennent la clé du problème. Sans volonté de leur part de s’adapter aux nouvelles règles du commerce international, elles risquent de voir leurs parts de marché directement menacées. Les exemples de leurs concurrents américains ou français devraient pourtant leur ouvrir les yeux. Ainsi 3 à 4% de la vente de détail se fait en ligne aux Etats-Unis contre seulement 1 à 1,5% au Québec. En France, on comptait 48,650 sites marchands actifs en 2008, en progression de 32% par rapport à 2007, ce qui démontre bien que le commerce électronique y a depuis bien longtemps dépassé le cercle fermé des gros joueurs. La technologie n’est plus un obstacle tant les solutions sont nombreuses et adaptées aux différentes problématiques. A mon sens, Internet représente une formidable opportunité pour les compagnies québécoises, par nature bilingues et multiculturelles : en abolissant les frontières (ou presque), le web leur permet d’élargir de manière considérable leur modeste marché local. Combien de nouveaux clients potentiels les attendent dans le reste du Canada, aux Etats-Unis, en France ou encore en Grande-Bretagne ? Car ce n’est pas une utopie : si le commerce électronique implique une solide organisation logistique, il existe bel et bien des exemples d’entreprises qui font de l’argent sur d’autres continents avec leurs sites marchands opérés centralement. J’invite donc les compagnies québécoises à étudier de près ces cas d’affaires, en espérant qu’elles les trouveront inspirants !&lt;br /&gt;Julien Galtier *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Sources : &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Indice du commerce électronique produit par le CEFRIO et Phéromone (anciennement VDL2), en collaboration avec Léger Marketing&lt;br /&gt;Fédération E-Commerce et Vente à Distance (FEVAD)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*Julien Galtier est directeur associé chez &lt;a href="http://www.baobaz.com/ "&gt;Baobaz&lt;/a&gt;, une agence web française spécialisée en commerce électronique et marketing interactif. Installé au Québec depuis septembre, il crée à Montréal le bureau nord-américain de Baobaz. &lt;br /&gt;julien.galtier@baobaz.com&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-5472940421090792056?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/11/le-quebec-et-le-commerce-electronique.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-3176089535659437437</guid><pubDate>Fri, 30 Oct 2009 02:31:00 +0000</pubDate><atom:updated>2010-02-27T17:22:36.786-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>computing cloud</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Second Life</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>migration</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>web mail</category><title>Nuages numériques</title><description>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.deepweb.co.nz/wp/wp-content/uploads/2009/02/cloud-question-mark-cloud-computing.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: ;" src="http://www.deepweb.co.nz/wp/wp-content/uploads/2009/02/cloud-question-mark-cloud-computing.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Une nouvelle technologie est apparue dans le ciel bleu du cyberespace, celle du &lt;i&gt;cloud computing,&lt;/i&gt; le nuage  numérique. Voilà une intéressante métaphore, qui complète l’océan internet sur lequel nous surfons dans le paysage digital. Plus optimiste encore, Microsoft parle plutôt de l"azur" numérique. L’image désigne la possibilité de faire migrer (encore une autre métaphore significative d’un passage entre le réel et le virtuel, comme entre deux univers parallèles) les données et les logiciels des ordinateurs de bureau d’une compagnie sur le web, où elle seront constamment et immédiatement accessibles par un moteur de recherche. L’exemple de base le plus fréquent et facilement compréhensible est celui du courrier e-mail opérationnel et stocké en ligne avec toutes les archives personnelles, ce qu’on appelle le &lt;i&gt;web&lt;/i&gt; &lt;i&gt;mail&lt;/i&gt;. Tout usager de Google Mail en sait les avantages. Pas besoin de voyager avec un portable pour retrouver toujours l’ensemble de ses échanges de courriels disponibles en ligne à partir de n’importe quel ordinateur connecté à l’internet, par exemple dans un café électronique. Avec le nuage numérique l’homme d’affaires nomade – une espèce en voie de multiplication dans le monde actuel – a donc ainsi toujours accès à toutes les données de ses ordinateurs de bureau, où qu’il soit. Pourquoi parle-t-on d’un nuage? Manifestement parce que ce bureau virtuel flotte dans le ciel numérique, qu’il est flexible dans sa taille et sa forme, tout en offrant aussi l’usage en ligne de tous les logiciels requis pour accéder à ses dossiers, les créer ou les modifier, comme s’il travaillait sur son ordinateur de bureau. On retrouve même dans le nuage des logiciels constamment actualisés et plus nombreux que ceux dont on dispose au bureau. L’avantage supplémentaire est magique : le nuage semble se déplacer avec vous. La prochaine étape est évidemment de travailler avec son nuage, même lorsqu’on est au bureau. Les employés n’ont alors plus besoin de puissants ordinateurs : seulement de terminaux connectés à haute vitesse et large bande avec le gardien du nuage. &lt;br /&gt;Mais alors, pourquoi ne pas aller plus loin, être encore plus branché et innovateur ! Car la scénographie nuagiste est molle et peu attractive. Pourquoi ne pas bâtir un bureau au design futuriste et interactif dans Second Life ? Vous y mettrez des plantes, des fenêtres, des secrétaires sexy ; vous y disposerez d’une salle de conférence et de réunion avec les avatars de vos employés et de vos clients. Pourquoi payer encore pour un bureau réel, pas toujours bien situé, difficile à agrandir ou à réduire selon votre chiffre d’affaire, cher à rénover, et fixe, alors qu’un bureau dans Second Life voyagera avec vous, où que vous alliez ! D’ailleurs, vous rencontrerez vos clients et partenaires importants dans Second Life. Plus besoin de voyager. &lt;br /&gt;Un entreprise transnationale compte éventuellement des employés à Chicago, Dubai,Sydney et Londres. Ceux-ci pourront non seulement user de logiciels et d'un intranet en ligne, mais aussi d'une plateforme de socialisation qui deviendra leur espace de rencontre commun. Il faut prévoir dans le nuage  une kitchinette bien scénographié, avec une machine à café autour de laquelle on peut se retrouver et développer un sentiment d'appartenance; il faut aussi une salle de conférence virtuelle. Quand on parle de nuagisme d'entreprise, il ne s'agit pas seulement d'une boîte à outils commune en ligne, mais aussi des paramètres requis pour créer une communauté virtuelle réelle.&lt;br /&gt;Quelques risques ? Bien entendu, il faut espérer que le fournisseur de nuage auquel on confie toutes ses données et archives est fiable, car c’est lui qui a la clé maître de votre bureau virtuel, pas vous. Il faut espérer qu’il ne cessera pas ses activités, car vous mettez le sort de votre compagnie entre ses mains ! Il faut espérer que vous connaissez assez bien ces mains pour leur faire une si grande confiance, qu’elles sont propres et en bonne santé (prospérité corporative). En cas de piratage de vos données stratégiques, que pourrez-vous faire? En cas de litige, à quel tribunal, de quel pays, vous adresserez-vous pour obtenir justice? Il est connu que les nuages sont volatiles, se font, se défont et disparaissent à l’horizon. Il faut espérer qu’il protège vos informations sensibles de toute autre main malveillante. Beaucoup d’internautes confient sans crainte à &lt;i&gt;Googol Mail&lt;/i&gt; toutes leurs communications électroniques, professionnelles et privées. C’est faire preuve d’une grande confiance, surtout vis-à-vis d’une compagnie qui fait preuve de capacités exceptionnelles d’indexation et de tagage, sans avoir démontré un égal souci de respecter la propriété intellectuelle et la vie privée. &lt;br /&gt;La mode est donc au nuagisme informatique. Pour être &lt;i&gt;in&lt;/i&gt;, efficace et prospère, il faut désormais confier ses données personnelles et privées – ce qu’on a de plus précieux -, à des faiseurs de nuages. Les gourous corporatifs l’affirment. On voit bien l’intérêt d’affaires pour les grosses compagnies de services informatiques.  Espérons seulement que nous n’abuserons pas à tort de la métaphore nuagiste. Ou, comme on dit en québécois, qu’on ne se fera pas un jour pelleter avec les nuages. L’apesanteur numérique est une autre métaphore dont la séduction est un leurre. Les vents économiques, technologiques, sociologiques et la dureté de la compétition d’affaires ne sont pas moins forts là-haut qu’ici bas. Il n’existe pas de paradis numérique. Les nuages peuvent se mêler, devenir sombres, lourds, orageux et retomber sur terre en cataractes.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-3176089535659437437?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/10/nuages-numeriques.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-5690975716708697818</guid><pubDate>Tue, 27 Oct 2009 14:19:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-11-02T12:32:09.289-05:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>éthique planétaire</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>mondialisation</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>jeux électroniques</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>diversité culturelle</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Human Atopic Space</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>science fiction</category><title>Non-lieux</title><description>&lt;a href="http://static.blogstorage.hi-pi.com/photos/capcactus.blogzoom.fr/images/gd/1231484401/JEUX-ELECTRONIQUES-POUR-CHATONS.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 260px;" src="http://static.blogstorage.hi-pi.com/photos/capcactus.blogzoom.fr/images/gd/1231484401/JEUX-ELECTRONIQUES-POUR-CHATONS.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le Festival ATOPIC organisé par le Human Atopic Space à la Cité des sciences et de l'industrie à Paris nous propose de devenir metanaute dans les espaces virtuels des réseaux numériques et de découvrir tout un univers de cinéma d'animation détéritorialisé. Les lieux atopiques - du grec sans lieu - sont imaginés comme des lieux de nulle part, libérés de toute attache locale. Existe-t-il de tels lieux, qui seraient sans racines, en quelque sorte transculturels, transnationaux, flottant dans l'espace comme des stations spatiales ou comme des hôtels internationaux, et appartenant donc potentiellement à toutes les cultures, universels sans distinction? N’est-ce pas le cas des jeux électroniques ou de la science fiction, comme des stands des marques internationales de parfums ou de vêtements dans les grands magasins, ou comme les aéroports internationaux ? On peut penser au prime abord qu’un jeu d’échec est un objet culturel qui ne se plie guère aux démonstrations de diversité culturelle, pas plus que le cercle ou le carré, tant qu’on n’entre pas dans des considérations ethnographiques. Quelques que soient les marques, les voitures ou les bicyclettes sont les mêmes dans chaque pays. Tant que je ne suspends pas un Mickey mouse, un grigri ou un crucifix au rétroviseur intérieur, elles sont interchangeables. J’oublie vite que c’est une voiture de marque coréenne, allemande ou américaine. Je m’y sens chez moi. Il semble de même que les nouvelles technologies ignorent les diversités culturelles. Nous retrouvons les mêmes logiciels courants sur l’ordinateur de n’importe quel pays et pouvons naviguer à vue, par simple habitude, pour nous connecter à un réseau sans fil, même sans savoir lire les idéogrammes chinois ou la calligraphie arabe. &lt;br /&gt;Les jeux électroniques nous semblent dépasser tout particularisme culturel. Ces lieux virtuels sans épaisseur, sans attache terrestre distinctive, nous annoncent-ils une atopie utopique? Font-ils de nous des citoyens d’un monde apatride ? L’idée rejoint évidemment l’invention contemporaine d’une globalisation mondiale, qui permettrait de mieux se comprendre sur toute la terre, de devenir plus solidaires, de faire plus de commerce, qui soit plus profitable pour tous, etc. Nous voilà au cœur du nouveau paradigme d’une sorte de dépassement des frontières – devenues archaïques -, qui nous annoncerait l’avènement politique et numérique d’une planète défragmentée. Nous avons développé simultanément aujourd’hui ces deux idéaux contradictoires – ou peut-être complémentaires – d’une mondialisation idéale et d’une valorisation des diversités culturelles. &lt;br /&gt;C’est manifestement ignorer deux évidences. D’une part, toute mondialisation signifie la domination d’un empire. D’autre part, tout lieu est  expressif d’une culture. Le cercle est magique ou laïc, géométrique ou ludique. Le cadran de montre, analogique ou digital, reflète une culture où les minutes comptent. Les jeux électroniques sont des espaces de tehnoscience et souvent de violence, sans rapport avec le monde rural. Disneyland, bien qu’il mette en scène des animaux, est imprégné de culture américaine. Un logiciel est constitué d’algorithmes qui reflètent l’âge du numérique. Le jeu de dames qu’on rencontre aujourd’hui dans nombre de cultures, et dont nous ignorons même, pour la plupart d’entre nous, l’origine, probablement africaine, peut paraître totalement atopique. Mais le rituel, le lieu où l’on y joue, le comportement des joueurs, sont marqués culturellement. &lt;br /&gt;Il est clair qu’il faut ici faire la balance entre les excès de globalisation comme de fixisme culturel ; faire la part entre les avantages pratiques des utilités et les enjeux culturels majeurs. Je peux avoir une montre suisse et ignorer tout de la culture suisse. Une grosse montre en or peut être un symbole de richesse, plus que d’une exigence d’exactitude. Mais dans tous les cas, le fait d’avoir une montre influence certainement mes valeurs culturelles. Avoir un ordinateur ou un téléphone cellulaire fait de moi le citoyen d’une civilisation nouvelle. Mais les options culturelles demeurent infiniment riches et ouvertes au sein de l’âge du numérique. Je peux porter un turban sikh ou une kippah juive et voyager à bord du même avion russe ou américain ou utiliser un iPhone sans mettre en jeu ma religion, ni l’avenir de ma culture. Certes les Amishs ne le pensent pas ainsi et s’interdisent même la bicyclette. Leur attitude est tout à fait légitime, mais on constate à quel degré de marginalisation ils s’exposent, se coupant ainsi des bénéfices du dialogue culturel et du progrès technologique. Je peux boire du Coca Cola sans m’américaniser au point de mettre en jeu ma culture africaine ou japonaise, ou du saké sans devenir bouddhiste. Il n’est pas question de rejeter la richesse des autres cultures pour préserver la sienne. Bien au contraire : ces échanges sont nécessaires à la dynamique vitale de chaque culture. &lt;br /&gt;Il n’en est pas de même quant à la globalisation dont on parle tant aujourd’hui. On ne peut en nier l’importance lorsqu’on s’inquiète des changements climatiques. Pas davantage lorsqu’on aspire au respect des droits fondamentaux de l’homme et à l’émergence d’une éthique planétaire. Mais il faut aussi résister à la volonté de domination et d’uniformisation des pays du Nord. On ne peut que rejeter les abus de l’économie ultralibérale qui tente de s’imposer au non de cette prétendue mondialisation et faire de la planète un marché domestique qu’elle exploite. La globalisation est un rêve d’hommes d’affaires nord-américains et un cauchemar pour les pays pauvres. Il ne faut pas confondre à nouveau colonialisme et progrès humain, comme à l’époque des conquêtes du catholicisme qui a détruit des cultures indigènes et exterminé des populations au nom de la foi. Nous devons lui opposer les valeurs du périphérisme et des culturelles identitaires. Non pas seulement comme une charité envers des cultures marginales, ou comme une démarche de sauvegarde patrimoniale, mais comme une réaffirmation de leur valeur dans nos échanges culturels. Il y a autant de planètes Terre  que de sociétés. Nous devons développer une conscience de galaxie Terre et des dialogues périphériques. Le coureur de planètes découvre sur chacune d’elle d’autres fleurs, d’autres animaux, d’autres imaginaires, d’autres histoires, d’autres intelligences, d’autres rationalités, d’autres valeurs. De même, les espaces virtuels ne sont pas des non-lieux, des no man’s land ; bien au contraire, ils expriment des valeurs culturelles très fortes et suscitent des réactions de dépendance ou de rejet, et dans mon cas, de fascination critique. &lt;br /&gt;Seule l’éthique planétaire, celle qui exige le respect intégral des droits humains fondamentaux, dépasse toutes ces diversités et les unit au service d’une solidarité humaine mondiale basée sur le respect des hommes et des différences. Mon toit peut être fait de palmes, de blocs de glace, de tôle ou d’ardoises ; et l’eau potable n’est pas la même en Amazonie et à Genève, à Dakar et à New York. Mais elle est potable pour chacune de ces populations. Et il importe que j’aie un toit et de l’eau potable, quelle que soit ma culture.&lt;br /&gt;La mondialisation est tout à fait acceptable lorsqu’on parle d’une montre, indispensable du point de vue écologique, urgente en ce qui concerne l’éthique planétaire. Elle est une menace pour le reste. Elle présente des avantages évidents, tant du point de vue utilitaire que culturel dans le domaine des technologies numériques ; mais celles-ci ne sont pas neutres. Elles ont un impact majeur sur nos activités humaines, sur nos valeurs et vont faire évoluer toutes nos cultures. Elles peuvent redonner leurs chances à des cultures indigènes, autant que nous imposer l’american way of life. Ce ne sont pas elles qui sont bonnes ou mauvaises, mais les humains. À nous de décider ce que nous voulons.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-5690975716708697818?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/10/non-lieux.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-7957888489759753676</guid><pubDate>Sat, 03 Oct 2009 15:29:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-10-03T14:36:26.342-04:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>mythe</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>présomption numérique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>algorithme</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>nouveauté</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>progrès</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>entropie</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>cannibalisme</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Chronos</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>incongruité</category><title>C'est la consommation qui fait tourner la Terre</title><description>&lt;a href="http://www.kulturica.com/img/mythologie/cronosme.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 240px; CURSOR: hand; HEIGHT: 360px" alt="" src="http://www.kulturica.com/img/mythologie/cronosme.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Ce furent les démons et les dieux, le sexe, l'instinct de puissance et l'instinct de destruction, mais aujourd'hui, c'est la consommation qui fait tourner la Terre. Tout se consomme, le sexe comme la bouffe. La consommation détruit son dû. La logique de la technologie a rejoint au point de s'y fondre, la logique de la consommation. Elle s'autodétruit. Le progrès se canibalise. Le temps se consomme, se consume. La vie se consomme, la mort se consume. Consommer, consumer se confondent. Les distances, les nouveautés, l'information, les nouvelles, les journaux télévisés se canibalisent. Un jour chasse l'autre, une seconde chasse l'autre. Un clou chasse l'autre. Un homme ou une femme chasse l'autre. Et on ne peut cesser de recommencer. La culture elle-même est devenue une industrie de consommation. On consomme, on épuise, la terre, l'air, l'eau, la nature, les liens de famille et d'amour, les idées, les philosophies, les musiques, les grands et les petits plaisirs, la beauté, la laideur, les émotions, les esthétiques, les mouvements artistiques, les croyances, comme la glace à la crème. Les champions de la grande simplicité, les méditations de nos grands sages, comme les feuilles printanières des arbres, ont leurs saisons éphémères. La vitesse est désormais venue s'en mêler et accélère ce processus de digestion excrétion. Le vidéoclip, emblématique de notre temps, n'a ni angoisse, ni ulcères. Il se contente de succéder. Succéder suffit désormais. Succéder suffit à remplir l'existence. Succéder à quoi? À ce qui précède et qui n'est plus. Succéder à l'abolition. Au vide distrayant des impressions chaotiques précédentes. La consommation est devenue aussi toxique que vitale. Et le numérique n'en est qu'à ses débuts. Il est peut-être en passe de devenir le grand ogre cosmique de notre temps. Le mythe couvait sous la cendre de l'Âge du feu. Il se réveille et secoue ses membres et sa machoire. Allons-nous savoir écrire l'algorithme de la consommation? Et celui de son contrepoison? La consommation est-elle le principe fondamental de l'univers et de la vie? Nul doute que je consomme ma propre énergie et ma chaleur jusqu'au seuil de la mort. Consommerons-nous jusqu'à extinction l'énergie solaire? Et l'univers son énergie noire? Jusqu'à l'apocalypse biblique? Toute création est-elle grande consommatrice de cette énergie? Les experts ne nous disent-ils pas, en pleine récession, que c'est en relançant la consommation que nous allons faire redémarrer l'économie? Entropie, néguentropie? Consommateurs obsédés, allons-nous faire tourner la planète toujours plus vite sur elle-même, comme un chien qui essaie d'attrapper sa queue pour la mordre? Le numérique est le grand accélérateur cosmique de notre civilisation quantitative. Jusqu'au vertige ? Jusqu'à retomber par terre, hébétés?&lt;br /&gt;Nous n'avons pas encore conscience de notre dépendance à la présomption numérique. Au moment d'écrire cette conclusion qui ressemble plutôt à une question, je sonde le brouillard d'automne au-delà de ma fenêtre, mêlé aux feuillages rouges et dorés de ma campagne, et je retrouve la sérénité du cycle pérenne des saisons. Même sans prêter foi au temps cyclique des cultures primitives, ni davantage au propos flou de Nietzsche sur ce genre de nostalgie, je me questionne: à l'âge du numérique, malgré nos six milliards et demi d'être humains, n'est-ce pas devenu un archaïsme, une incongruité, une aberration de devoir encore et toujours retourner la terre pour survivre? Allons-nous la retourner comme des fous?&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-7957888489759753676?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/10/cest-la-consommatin-qui-fait-tourner-la.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-3057768232050889285</guid><pubDate>Wed, 30 Sep 2009 03:28:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-10-03T14:34:53.801-04:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Fondation littéraire Fleurs de Lys</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Serge-André Guay</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Éric Le Ray</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Premières Assises internationales imprimé et livre électronique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>classiques sciences sociales</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Jean-Marie Tremblay</category><title>Le papier et le numérique</title><description>&lt;a href="http://www.zdnet.fr/zdnet/i/edit/ne/2006/11/39366067/image1.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 305px; HEIGHT: 218px" alt="" src="http://www.zdnet.fr/zdnet/i/edit/ne/2006/11/39366067/image1.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;On nous annonce depuis quinze ans le papier et l’encre numériques, comme pour s’assurer que le papier traditionnel lui-même se diluera rapidement dans le grand océan du numérique, tel un ultime débris de l’ère Gutenberg, bientôt englouti à jamais dans les flots du progrès. On s’étonnera de devoir encore imprimer ses billets électroniques d’avion ou de théâtre reçus par courriel pour se présenter au comptoir, alors qu’il devrait suffire de les apporter avec soi sur une clé USB qu’on brancherait sur le boîtier de contrôle. Puis, on sera surpris de devoir encore utiliser une clé USB, alors qu’une inscription ondes courtes sur la puce électronique RFID de notre téléphone cellulaire – et demain de notre lobe frontal - devrait suffire à nous ouvrir fluidement le guichet et sauver d’autant plus d’arbres.&lt;br /&gt;Ainsi donc, les gourous qui nous prédisaient il y a vingt ans l’ère zéro papier devront encore attendre un peu pour triompher.&lt;br /&gt;Ayant publié moi-même directement en ligne un livre inédit complet de plus de 300 pages en 2000 (&lt;em&gt;Mythanalyse du futur&lt;/em&gt;*), puis mis en ligne avec accès gratuit deux livres plus anciens devenus introuvables**, je ne crains pas d’être accusé de m’opposer stupidement au progrès des technologies numériques. Pour autant je ne suis pas un intégriste du numérique. Je fais plus souvent qu’à mon tour l’éloge de cet objet ergonomique quasi parfait que demeure le livre papier. Et je ne comprends pas la vindicte des champions du numérique – j’en suis depuis 1984 -, qui croient nécessaire de condamner le livre papier pour garantir le succès de l’édition et de la distribution numériques. On tire aujourd’hui de tous côtés, dans une confusion totale, comme si c’était une nouvelle bataille des anciens et des modernes, comme si la disparition du papier, ce pelé, ce galeux, était requise pour assurer la victoire incertaine du numérique. De jeunes enthousiastes– c’est sympathique cette excitation, mais ils sont souvent intolérants – nous annoncent qu’ils ont signé des accords mirifiques avec des éditeurs pour avoir le droit de publier des livres entiers sur les écrans des téléphones mobiles. L’écran d’ordinateur fixe est devenu vieux jeu. Il faut absolument être mobile!&lt;br /&gt;Nous écrivons tous avec un clavier, mais qui lit plus de cinq pages de texte sur un écran d’ordinateur pour son plaisir? Personne! Alors qui lira 10 pages d’écran de cellulaire, même en basculant son bivalve à l’horizontale? Et celui qui le ferait ne serait pas rendu très loin dans sa lecture! Chacun sait que les &lt;em&gt;e-books, &lt;/em&gt;ces livres électroniques lancés successivement à grand renfort de fanfares promotionnelles, se fracassent tour à tour contre le papier des livres, emportant avec eux l'enthousiasme et le papier monnaie de ces vaillants entrepreneurs incultes. On devinera qu’eux-mêmes ne lisent jamais un chef-d’œuvre. Ils me font penser à Steve Jobs affirmant pour vendre ses &lt;em&gt;iPods&lt;/em&gt; que plus personne ne lit de livres! Et ce propos de Steve Jobs me fait penser à Goering sortant son revolver en entendant le mot culture! Le&lt;em&gt; iPod&lt;/em&gt; est-il une arme de destruction? C'est bien mal le vendre!&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(255,0,0)"&gt;livre et numérique: même combat!&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le &lt;em&gt;e-book&lt;/em&gt; est trop cher, trop fragile, trop peu ergonomique, trop peu jouissif pour un vrai lecteur désireux de retrouver le calme d’une lecture inspirante. Il a cependant des vertus incontournables pour les utilités, les encyclopédies, les laboratoires de langues, le scolaire, etc. Au lieu d’opposer sans cesse le numérique au papier, pourquoi ne pas reconnaître calmement les vertus spécifiques des deux médias? Ils sont si différents! L'un ne remplacera pas l'autre. L’internet est un prodigieux outil d’accès, mais il est bien plus fragile que le papier. Il peut assurer très efficacement la promotion et la vente d’un livre, et même adresser la facture. Mais ne confondons pas la facture et le livre. Il peut même permettre l’impression à la demande. Il donne accès à ces 99,5% des livres, de ces livres qui ne sont plus accessibles (anciens, épuisés, protégés dans des iconothèques, ou en vente lointaine, dans d’autres pays, ou simplement en ville, lorsqu’on vit à la campagne. Le papier est un médium calme, le numérique un médium agité. L'un incite à la réflexion, l'autre à la proactivité. La complémentarité du numérique et du papier est évidente. C’est la même bataille, celle que je fais. Pourquoi nous opposer? Ne voit-on d'ailleurs pas des journaux et magazines en ligne initier des versions papier? C'est le cas de &lt;em&gt;Rue Frontenac&lt;/em&gt;, le site web des journalistes en lock out du &lt;em&gt;Journal de Montréal&lt;/em&gt;, lancé en édition papier, ou du site internet Backchich à Paris ***On observe aussi la multiplication des journaux papier gratuits de métro, de quartier, plus lus que n'importe quel journal en ligne, car présentés au bon moment, sur le bon lieu, faciles de maniement, aisés à financer par la publicité locale et adaptés à des groupes de lecteurs spécifiques. Une redifinition des rôles et des paramètres des médias papier est devenue indispensable, mais elle ne signifie aucunement leur disparition. Le transfert de la publicité des journaux papier vers l'internet force à cette redéfinition. Les journaux en sortiront renforcés. La solution n'est certes pas que les journaux imitent le web, en moins bien, puisque le succès d'un journal plus exigeant comme Le Devoir, au Québec, atteste de l'existence d'un lectorat plus exigeant. Les enjeux de la bataille qu’il faut livrer sont autres. Ce qui vaut pour les journaux s'impose encore plus pour les livres et leur espérance de vie . Ce n’est pas contre le livre papier qu’il faut lutter, mais contre les prédateurs qui s’assurent à bas prix des droits de numérisation et de diffusion numérique, voire qui ne se soucient même pas du respect de la propriété intellectuelle. La &lt;em&gt;Fondation québécoise Fleur de Lys&lt;/em&gt; a bien raison de dénoncer les usages d’entrepreneurs basés à l’étranger qui voudraient prendre le marché québécois. N'oublions pas que le livre est une industrie culturelle, avec les lois, les forces et les faiblesses que cela implique. Et lorsqu’on prétend défendre notre identité et notre culture, on devrait commencer par inscrire dans le budget de l’État une ligne de financement consacrée aux contenus culturels québécois en ligne, comme il existe des lignes avec chaque fois quelques millions, pour la danse, le cinéma, le patrimoine ou le livre papier. Faute de quoi, on laisse toute la place aux contenus puissamment diffusés des autres pays, États-Unis, France, ou Canada anglais. Même le gouvernement fédéral actuel conservateur a cru devoir fermer le portail &lt;a href="http://www.culture.ca/"&gt;http://www.culture.ca/&lt;/a&gt; institué et financé par le gouvernement précédent. Une économie jugée évidente, sans doute… Toute minorité culturelle se doit de prendre avec détermination sa place sur le web. Et ses éditeurs papier seront aussi les premiers à y trouver un appui efficace. Méeme un immense pays comme la Chine consacre des millions de RMB à mettre sa culture en ligne.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(51,0,153)"&gt;Jamais la diffusion d'un livre sur le web n'a fait diminuer sa vente papier. &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(51,0,153)"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(51,0,153)"&gt;On s'informe, on cherche et on gère sur le web. On ne lit pas sur le web.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(51,51,255)"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Demeurent quelques entrepreneurs dévoués, comme Jean-Marie Tremblay, qui numérise lui-même dans son sous-sol et met en ligne une riche bibliothèques de « classiques des sciences sociales », ou comme Serge-André Guay, président de la Fondation littéraire Fleur de Lys, ou Éric Le Ray, l’organisateur à Montréal des premières &lt;em&gt;Assises internationales de l’imprimé et du livre électronique,&lt;/em&gt; qui assurent la tenue d’un grand débat public, avec tous les acteurs importants, afin de sortir peut-être de la confusion actuelle des idées.&lt;br /&gt;Hervé Fischer &lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;----------------------------------------------------------------&lt;br /&gt;*&lt;em&gt;Mythanalyse du futur&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;. &lt;a href="http://www.hervefischer.net/"&gt;http://www.hervefischer.net/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;**&lt;a href="http://classiques.uqac.ca/"&gt;http://classiques.uqac.ca/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;*** &lt;span style="color:#000000;"&gt;Voir Paul Cauchon: &lt;em&gt;Pourtant, ils tâchent les doigts&lt;/em&gt;, Le Devoir, 28.09.09&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-3057768232050889285?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/09/le-papier-et-le-numerique.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-7126383006275183613</guid><pubDate>Sun, 20 Sep 2009 01:48:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-09-29T21:57:50.916-04:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Bible</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>éconumérique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>écologie</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>romantisme numérique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>paradis terrestre</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>verts</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Prométhée</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Descartes</category><title>Le sentiment numérique de la nature</title><description>&lt;a href="http://oinm.org/blog/uploaded_images/o3col20050223_np-758226.png"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 189px; CURSOR: hand; HEIGHT: 200px" alt="" src="http://oinm.org/blog/uploaded_images/o3col20050223_np-758211.png" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Qu'est-ce que la nature? Voilà une bien grande question ! La nature a beaucoup changé ! Du moins en avons-nous eu des interprétations successives très différentes. Ce qu’on appelle aujourd’hui le sentiment de la nature a d’abord relevé d’une conception magique. Puis polythéiste. En Occident, les émotions de désir ou de frayeur qui en résultaient, n’ont pas été apaisées par l’interprétation biblique et théologique qui a suivi. Nous aurions été chassés d’un paradis terrestre mythique pour découvrir la dure réalité. Nous aurions été condamnés au labeur rustique. Alors que la civilisation japonaise célèbre l’harmonie entre la nature et les hommes, en Occident, la nature a été identifiée à au péché, à la lourdeur de la matière par opposition à l’esprit, à l’âme, à Dieu, dont ont résulté des idées d’hostilité, de la malédiction, et une souffrance. C’est la Renaissance, puis la philosophie mécanique de la matière de Descartes, qui ont inversé notre attitude en Occident. Nous avons réactivé ainsi le mythe prométhéen de la conquête et de la transformation de la nature par les hommes. Descartes nous a invité à nous rendre maître et possesseur de la nature. Passant de la crainte à l’exploitation de la nature, donc à sa domestication et conséquemment à sa transformation et à la destruction de l’état de nature rousseauiste, l’homme s’est engagé dans l’exploitation des ressources naturelles et le développement des manufactures. Le mouvement s’est bien sûr amplifié exponentiellement au XIXe siècle.&lt;br /&gt;Mais c’est cette industrialisation et l’urbanisation qui lui est liée, qui ont sans doute déclenché en contrepoint aussi ce retour émotionnel vers une nature romantique. Les poètes allemands, français, anglais évoquèrent une nature nostalgique, fragile, nocturne, sauvage, celle qui éveille le rêve ou les émotions amoureuses.&lt;br /&gt;Parallèlement, les Encyclopédistes ont inspiré le développement d’un rationalisme qui s’est appliqué aussi aux sciences de la nature. Et aujourd’hui nous retrouvons ces deux pôles, l’un émotif et l’autre scientifique dans notre conscience écologique contemporaine. Toute l’écologie est constituée par une imagerie scientifique et des fichiers informatiques. Nous ne pensons pas au climat aux océans, au soleil, à la ville, sans y introduire des connaissances scientifiques des variations des trous d’ozone, ou des masses de plancton dans les océans, des mesures de pollution, des déséquilibres de la biomasse. Non seulement nous sommes fascinés par les images de nature en haute définition, à l’échelle macro, virtuelles, en simulations, mais nous avons désormais aussi développé une conscience écologique, une sorte de vision savante de la nature, qui suscite en nous ce que nous pouvons appeler le nouveau sentiment numérique de la nature, et les émotions, les craintes, les engagements militants qui y sont liés. La nature est devenue verte. Et éconumérique.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-7126383006275183613?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/09/le-sentiment-numerique-de-la-nature.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-6589208128839819816</guid><pubDate>Tue, 08 Sep 2009 13:55:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-09-29T23:49:19.604-04:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Stanford</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Santa Barbara</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>ARPANET</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Utah</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Licklieder</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>pomme numérique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Douglas Engelbart</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>conscience augmentée</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>MILnet</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Leonard Kleinrock</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Paul Baran</category><title>La pomme numérique</title><description>&lt;a href="http://www.gandhivert.fr/wp-content/uploads/2008/05/apple-rouge-vert.gif"&gt;&lt;img style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 122px; CURSOR: hand; HEIGHT: 168px" alt="" src="http://www.gandhivert.fr/wp-content/uploads/2008/05/apple-rouge-vert.gif" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.gandhivert.fr/wp-content/uploads/2008/05/apple-rouge-vert.gif"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.gandhivert.fr/wp-content/uploads/2008/05/apple-rouge-vert.gif"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.gandhivert.fr/wp-content/uploads/2008/05/apple-rouge-vert.gif"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.gandhivert.fr/wp-content/uploads/2008/05/apple-rouge-vert.gif"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;img style="WIDTH: 136px; CURSOR: hand; HEIGHT: 200px" alt="" src="http://oinm.org/blog/uploaded_images/google-ogre-756353.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà 40 ans, depuis le 2 septembre 1969 qu’est né l’internet. En fait, ce ne fut encore que la communication, fort laborieuse et limitée, entre deux ordinateurs reliés par un câble de 4,50 m de longueur, à l’université de Californie de Los Angeles. Puis on a élargi les distances avec les universités de Stanford, Santa Barbara et l’Utah. On peut discuter la date, souligner le rôle de Licklieder, du MIT, qui eut la vison de l’importance de ces futurs réseaux de communication. On doit citer Leonard Kleinrock, qui théorisa dès 1961 la commutation et la transmission d’informations par « paquets », Paul Baran et Douglas Engelbart, dont nous allons reparler. Les auteurs sont plusieurs. Ce fut une histoire militaire autant qu’universitaire, comme le rappelle la signification d’Arpanet, créé par la &lt;em&gt;Defense Advanced Research Projects Agency&lt;/em&gt; pour assurer la sécurité de ses communications en temps de guerre grâce à un réseau (Network) décentré et multipolaire, qui deviendra notamment le MILnet (Military Network).&lt;br /&gt;Voilà 60 ans aussi, que Douglas Engelbart a inventé au Stanford Reearch Institute la fameuse souris dont nous nous servons encore aujourd’hui pour déplacer le curseur sur nos écrans d’ordinateur. C'était un mécano élémentaire dans un boîtier en bois. Il n’en reçut aucun dividende financier, mais le SRI vendit le brevet à Apple qui a donné à ce petit rongeur à queue numérique l’expansion que l’on sait. On attribue aussi généralement à Engelbart le concept d’intelligence collective, dont il a exposé la philosophie dans &lt;a title="http://www.dougengelbart.org/pubs/augment-3906.html" href="http://www.dougengelbart.org/pubs/augment-3906.html"&gt;Augmenting Human Intellect: A Conceptual Framework&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, seulement deux générations plus tard, alors que nous comptons plus de un milliard de personnes connectées sur la planète à l’internet grâce au Web et au sans fil, il est bon de rappeler que c’est avec un câble de 4,50 m que tout a commencé. De petites inventions peuvent avoir un impact immense sur toutes nos activités humaines en quelques décades. C’est cela qui caractérise l’évolution de notre espèce, avec l’accélération que nous expérimentons à l’époque actuelle. L’âge du numérique commence à peine. Nous changeons déjà drastiquement nos valeurs, nos comportements. Saurons-nous maîtriser le choc du numérique?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;&lt;strong&gt;La pomme numérique&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;La boîte grecque de Pandore que nous avons ouverte - ou la pomme, son équivalent biblique - sont aujourd’hui numériques, nous donnant accès à plus de pouvoir, plus de connaissance, plus de conscience planétaire, plus de bien – le progrès non seulement technique mais aussi humain – et plus de mal aussi. Faut-il diaboliser une fois encore cette pomme numérique et accuser le S&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;&lt;strong&gt;a&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;tanford Research Institute, ou assumer les responsabilités éthiques qui viennent avec Prométhée et avec la conscience? Est-il pertinent de parler d’une « augmentation de la conscience collective » ou d’une « intelligence collective augmentée »? Souhaitons que l’idée se réalise. C’est manifestement l’utopie la plus en vogue aujourd’hui parmi les philosophes du numérique les plus optimistes. Mais cela demeure encore à démontrer, tandis que les raisons d’en douter augmentent elles aussi. Le défi nous confronte à nous-mêmes. Il n’est plus religieux, mais humain, collectif et éthique.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-6589208128839819816?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/09/la-boite-de-pandorre-numerique.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-1180986378538212886</guid><pubDate>Thu, 23 Jul 2009 14:24:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-07-23T10:28:53.633-04:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>périphérisme</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>connection</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Québec</category><title>Internet en la Patagonia</title><description>&lt;a href="http://www.natureviewstours.com/images/patagonia.jpg"&gt;&lt;img style="WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 265px" alt="" src="http://www.natureviewstours.com/images/patagonia.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Tuve la suerte de recorrer la Patagonia, tanto en Argentina como en Chile. La inmensidad de los paisajes, la flora y la fauna del lugar son fascinantes, tanto al pie de los Andes como en la Pampa seca, en la costa atlántica así como en las orillas del estrecho de Magallanes. No se puede soñar con una naturaleza más salvaje o un aislamiento más completo. No perdería ninguna oportunidad de regresar allí. Convengamos que Ushuaia no es New York. Estamos en el fin del mundo. Pero el viajero encontrará más fácilmente acceso a internet -por un precio irrisorio y gratis en cualquier hotel- que en San Francisco o en Paris. No vi un solo pueblo, incluso al cabo de un interminable camino de tierra y polvo, después de haberme cruzado con avestruces y guanacos, y haber admirado cóndores en el cielo, que no tuviera al menos un café-internet, con excelente velocidad y ancho de banda. Aquí y allá encontré un médico argentino jubilado que hizo su vida profesional en Boston, una artista que vivió mucho tiempo en New York y Berlín, un intelectual que estuvo emigrado durante varios años en Sao Paolo, un escritor que estudió en París, un geólogo formado en Londres, universitarios venidos de Buenos Aires o de Europa central, hombres de negocios que emigraron de Roma o de Madrid. Todos me dijeron lo mismo. Por más intenso que pueda ser su amor por esta naturaleza salvaje, casi original, y los vastos horizontes en que viven actualmente, ninguno hubiera pegado el salto para ir o regresar a la Patagonia, si allí no hubiera internet. Gracias a las redes numéricas, gozan de los dos mundos, el natural y el urbano. Están en interface cotidiana con el poder del mundo salvaje así como con la sofisticación de las grandes metrópolis. Leen los diarios de Chicago o de Roma en su computadora, mirando por la ventana las cimas nevadas de los Andes o los elefantes marinos de la península de Valdez; se comunican a distancia con sus amigos alemanes o libaneses, se ven con las webcam; siguen por la web todas la noticias y todos los casos que les interesan, y están mejor informados que los teleespectadores de las grandes capitales. Crean universidades, sitios web y comunidades virtuales. No les falta nada para aliar la belleza rural a la promiscuidad numérica. No basta con decir que el planeta se ha achicado. El acceso a internet nos permite estar en todas partes al mismo tiempo: en Ushuaia y en Tokyo, en Punta Arenas y en Montréal, al pie de los glaciares de El Calafate y en los Campos Elíseos en París, en un barco que se codea con las ballenas australes y en Buenos Aires o en Moscú. Sin internet, regiones lejanas como la Patagonia estarían aisladas del mundo y reducidas a actividades primarias. Nunca me hubiera encontrado con esos artistas, empresarios, intelectuales, universitarios que hoy desarrollan su actividad allí y le confieren ese desarrollo económico, educativo y cultural necesario para que los jóvenes se queden, al igual que los inmigrantes que recorrieron el mundo.&lt;br /&gt;Internet se convirtió en una infraestructura indispensable para el desarrollo de las regiones alejadas. Hay que ofrecer en ellas la velocidad y el ancho de banda que permita mostrar las páginas de los diarios, imágenes, archivos multimedia, educativos, planos de ingeniero o imágenes médicas, música y video. Internet se transformó en una herramienta prodigiosa y polivalente, tanto para la educación como para la salud, para la democracia como para los servicios públicos, para la cultura, el comercio electrónico como para la investigación científica, para el desarrollo económico como para el turismo. En la Patagonia, cada bed and breakfast, incluso los más aislados, son iguales ante internet. Allí muestran sus paisajes y sus habitaciones, y ofrecen un servicio de reservas que les aportan su clientela cotidiana, venida de todos los rincones del mundo. Las rutas ya no alcanzan. También se necesita, y en todos lados, una red de internet, confiable y poderosa. Internet es la más estratégica de las inversiones que cualquier Estado está obligado a hacer en su política de desarrollo de las regiones alejadas.Lo que puede ofrecer la Patagonia en sus pueblitos de montaña o de la Pampa, para beneficio de poblaciones dispersadas hasta el fin del mundo, hoy sometida a la terrible crisis económica de la Argentina, que se extiende sobre miles y miles de kilómetros, el gobierno de Québec, que dispone de recursos y valoraciones importantes, no parece querer esforzarse en hacerlo posible en Laurentides, a una hora en auto de Montréal, donde la población es sin embargo cada vez más densa y emprendedora, y más aún en nuestras regiones alejadas, de las que sin embargo nos repite hasta el cansancio que es una de sus prioridades. ¿Porqué Québec tarda siempre más con respecto a otras provincias de Canadá, quien, a su vez, otrora entre los países más conectados del mundo, retrocede ampliamente cada año en la clasificación internacional? Sin embargo estamos en 2009. ¡La evidencia es abrumadora! Tenemos que creer que nuestros gobernantes son miopes y sordos. ¿Habrá más avestruces en Québec que en la Patagonia? ¿Habrá que soportar esta incomprensión de nuestros responsables políticos hasta que la nueva generación esté en edad de votar? La Patagonia no esperó. Una vez más, Québec falta a la cita con su historia. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Hervé Fischer&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;(traducion de Maria Marta Escalente)&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-1180986378538212886?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/07/internet-en-la-patagonia.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-2829337459205678243</guid><pubDate>Wed, 10 Jun 2009 12:39:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-06-17T19:17:55.973-04:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>migration</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>emulation</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>preservation of digital art.conservation</category><title>"What if the only legacy of new media is a static image?</title><description>&lt;a href="http://farm4.static.flickr.com/3165/2719674870_30e62ae8a4.jpg?v=0"&gt;&lt;img style="WIDTH: 372px; HEIGHT: 245px; CURSOR: hand" border="0" alt="" src="http://farm4.static.flickr.com/3165/2719674870_30e62ae8a4.jpg?v=0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;I want to give the word today to Lanfranco Aceti *, who has given a lecture at The New Technology Art School of The Academy of Fine Arts of Carrara, the UCAN research center and Neural magazine present,on the topic: "What if the only legacy of new media is a static image? The curatorial struggle in preserving new media's aesthetics and art practices." The question has always seemed fundamental to me.&lt;br /&gt;HF&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;The preservation and exhibition of computer and media artworks is affected by the necessity to present a traditional and objectified image to the viewers. New media practices and computer arts are characterized by evolutionary processes and technological supports that contribute to shaping and defining the aesthetic. If 'migration' and 'emulation' represent a curatorial strategy or methods for&lt;br /&gt;collections' management, preservation and display deal with the obsolescence of computer and media-based artworks. The strategy of 'extrapolation and objectification' may represent another opportunity to address some of the difficulties presented by the immateriality of these art forms. Perhaps the methodologies of display should be changed and the possibilities of new media technologies exploited for new curatorial approaches even when they challenge the authority of both the author and the curator by focusing on the representation of&lt;br /&gt;the environmental interaction and the importance of multiple media formats of circulation of contemporary digital cultural expressions.&lt;br /&gt;________________________________________&lt;br /&gt;* Lanfranco Aceti works as an academic, artist and curator. He is Associate Professor in Contemporary Art and Digital Culture at the Faculty of Arts and Social Sciences, Sabanci University, Istanbul. His research focuses on the intersection between digital arts, visual culture and new media technologies. He is specialized in inter-semiotic translations between classic media and new media, contemporary digital hybridization processes, Avant-garde film and new media studies and their practice-based applications in the field of fine arts. He is also an Honorary Lecturer at the Department of Computer Science, Virtual Reality Environments at University College London. Previously an Honorary Research Fellow at the Slade School of Fine Art, he has also worked as an AHRC Postdoctoral Research Fellow&lt;br /&gt;at Birkbeck College, University of London and as Visiting Research Fellow at the Victoria and Albert Museum.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-2829337459205678243?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/06/what-if-only-legacy-of-new-media-is.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-5180721034647072873</guid><pubDate>Mon, 01 Jun 2009 13:20:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-06-17T19:44:25.888-04:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Canada</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Valdez</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Ushuaia</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>régions éloignées</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>infrastructure</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>El Calafate</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Punta Arenas</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Laurentides</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Pampa seca</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>largeur de bande</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>développement économique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Québec</category><title>Internet en Patagonie</title><description>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.mypicsup.com/images/duhsx3dv1zr2vtawf5m6.png"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 396px; FLOAT: left; HEIGHT: 261px; CURSOR: hand" border="0" alt="" src="http://www.mypicsup.com/images/duhsx3dv1zr2vtawf5m6.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;J’ai eu la chance parcourir la Patagonie, tant en Argentine qu’au Chili. L’immensité des paysages, la flore et la faune y sont fascinantes, aussi bien au pied des Andes que dans la Pampa seca, sur la côte atlantique que sur les rives du détroit de Magellan. On ne peut rêver nature plus sauvage et isolement plus complet. Je ne manquerai aucune occasion d’y retourner. Ushuaia, ce n’est pas New York, on en conviendra. Nous sommes au bout du monde. Mais le voyageur y trouvera plus facilement accès à l’internet, pour un prix dérisoire, et gratuitement dans tout hôtel, qu’à San Francisco ou à Paris. Je n’ai pas vu un seul pueblo, même au bout d’un interminable chemin de terre et de poussière, après voir croisé des autruches et des guanacos, et admiré des condors dans le ciel, qui n’offre au moins un café internet, avec une excellente vitesse et largeur de bande.&lt;br /&gt;Ici et là, j’ai rencontré un médecin argentin à la retraite, qui a fait sa vie professionnelle à Boston, une artiste qui a vécu longtemps à New York et à Berlin, un intellectuel émigré pendant plusieurs années à Sao Paolo, un écrivain qui a étudié à Paris, un géologue formé à Londres, des universitaires venus de Buenos Aires ou d’Europe centrale, des hommes d’affaires émigrés de Rome ou de Madrid. Tous me l’on dit. Aussi intense que puisse être leur amour de cette nature sauvage, quasiment originelle et des vastes horizons qu’ils habitent désormais, aucun d’entre eux n’aurait fait le saut pour venir ou revenir s’installer en Patagonie, si l’internet n’y existait pas. Grâce aux réseaux numériques, ils jouissent des deux mondes, le naturel et l’urbain. Ils sont en interface quotidien avec la puissance du monde sauvage autant qu’avec la sophistication des grandes métropoles. Ils lisent les quotidiens de Chicago ou de Rome sur leur ordinateur en jetant un coup d’œil par la fenêtre sur les sommets enneigés des Andes ou sur les éléphants marins de la péninsule de Valdez; ils communiquent à distance avec leurs amis allemands ou libanais; ils se voient avec des webcam; ils suivent sur le web toutes les nouvelles et tous dossiers qui les intéressent et sont mieux informés que les téléspectateurs des grandes capitales. Ils créent des universités, des sites web et des communautés virtuelles. Rien ne leur manque pour allier la beauté rurale et la promiscuité numérique.&lt;br /&gt;Ce n’est pas suffisant de dire que la planète a rétréci. L’internet nous permet d’être partout à la fois en même temps : à Ushuaia et à Tokyo, à Punta Arenas et à Montréal, au pied des glaciers d’El Calafate et sur les Champs Élysée, sur un bateau qui côtoie les baleines australes et à Buenos Aires ou à Moscou. Sans l’internet, des régions lointaines comme la Patagonie seraient coupées du monde et réduites à des activités primaires. Je n’y aurais jamais rencontré ces artistes, ces entrepreneurs, ces intellectuels, ces universitaires qui aujourd’hui s’y activent et lui confèrent ce développement économique, éducatif et culturel nécessaire pour y garder les jeunes et les immigrants qui ont parcouru le monde.&lt;br /&gt;L’internet est devenu une infrastructure incontournable pour le développement des régions éloignées. Il faut y offrir la vitesse et la largeur de bande qui permettent d’afficher des pages de journaux, des images, des fichiers multimédia, éducatifs, des plans d’ingénieur ou des images médicales, de la musique et de la vidéo. L’internet est devenu un outil prodigieux et polyvalent, aussi bien pour l’éducation que pour la santé, pour la démocratie et pour les services publics que pour la culture, pour le commerce électronique que pour la recherche scientifique, pour le développement économique que pour la protection de l’environnement et pour le tourisme. En Patagonie, tous les bed and breakfast, même et surtout les plus isolés, sont égaux devant l’internet. Ils y montrent leurs paysages et leurs chambres, et offrent un service de réservation qui leur amène leur clientèle quotidienne, venue des quatre coins du monde. Les routes ne suffisent plus. Il faut aussi, partout, un réseau internet fiable et puissant. L’internet est le plus stratégique des investissements que tout État se doit de faire dans sa politique de développement des régions éloignées.&lt;br /&gt;Ce que la Patagonie, aujourd’hui soumise à la terrible crise économique de l’Argentine, qui s’étend sur des milliers de kilomètres, peut offrir à ses villages de montagne ou de la Pampa, au bénéfice de populations dispersées, jusqu’au bout du monde, le gouvernement du Québec, qui dispose de ressources et d’expertises importantes, ne semble pas vouloir se donner la peine de le rendre possible dans les Laurentides, à une heure de voiture de Montréal, où la population est pourtant de plus en plus dense et entreprenante, ni davantage dans nos régions éloignées dont il nous répète pourtant à satiété que c’est l’une de ses priorités. Pourquoi le Québec prend-il toujours plus de retard par rapport aux autres provinces du Canada, qui lui-même, jadis parmi les pays les plus branchés du monde, recule lourdement tous les ans dans le classement international. Nous sommes pourtant en 2009. L’évidence est criante! Il faut croire que nos gouvernants sont myopes et sourds. Y-a-t-il plus d'autruches au Québec qu'en Patagonie? Faudra-t-il endurer cette incompréhension de nos responsables politiques jusqu’à ce que la nouvelle génération soit en âge de voter? La Patagonie n’a pas attendu. Une fois de plus, le Québec manque le rendez-vous avec son histoire.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-5180721034647072873?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/06/internet-en-patagonie.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-8559791883536300238</guid><pubDate>Sun, 31 May 2009 14:22:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-06-01T14:30:16.849-04:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Corée du sud</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>chiens</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>manipulations génétiques</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>clonage</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>art transgénique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>chimères</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>éthique</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Séoul</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>bioéthique</category><title>Chiens lumineux</title><description>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://oinm.org/blog/uploaded_images/chiens-703137.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 150px;" src="http://oinm.org/blog/uploaded_images/chiens-703135.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;L’Université nationale de Séoul, en Corée du Sud, s’est fait remarquer une fois de plus par les médias internationaux. Des chercheurs y ont fait naître quatre chiens beagles qui brillent dans le noir. On se souvient qu’en 2000 l’artiste brésilien Eduardo Kac s’était rendu célèbre en signant et en médiatisant la naissance d’un lapin fluorescent en France à L’INRA – l’Institut  National de la Recherche Agronomique. Il avait été doté du fameux gène « fluo ». Voilà donc maintenant quatre chiens transgéniques, dotés du même gène qui, sous les rayons ultraviolets, deviennent lumineux ! Peut-on les qualifier de chiens chimériques? On appelle « chimère » un animal conçu à partir de deux espèces différentes. En l’occurrence, il s’agit dans le cas de ces chiens, de l’ajout d’un seul gène, emprunté à une méduse. L’hybridation étant très limitée, nous ne parlerons que de chiens transgéniques. Il demeure que c’est là une fois de plus la démonstration d’une nouvelle orientation très fascinante de la génétique, qui n’a certainement pas fini de nous étonner. Même si l’utilité de chiens lumineux dans le noir n’est pas évidente, la mise au point de la technique, elle, l’est. Et dans un pays comme la Corée du Sud, qui s’est déjà fait connaître par de nombreuses recherches sur les manipulations géniques, y compris dans le clonage d’embryons de chiots, et par une escroquerie, celle du professeur Woo Suk Hwang, qui avait faussement prétendu avoir réalisé un clonage humain en 2004, en falsifiant des résultats scientifiques et qui espérait obtenir ainsi un Prix Nobel pour la Corée du Sud, la quête continuera certainement. Jusqu’où ? Est-il possible de la réglementer éthiquement? On justifie assurément les usages thérapeutiques dans beaucoup de pays, en les encadrant pour les limiter selon des principes bioéthiques. En Corée du Sud, toujours dans la même université nationale de Séoul, on a cloné aussi des chiens renifleurs de drogue pour les contrôles douaniers : six Toppy identiques, pour l’équivalent de moins de 250 000 euros. Cela peut encore se justifier, sans doute, puisque c’est pour une bonne cause. Mais qui ne voit le glissant de la pente sur laquelle on s’engage ainsi? Pourquoi ne pas isoler divers gènes de l’intelligence, de la mémoire, de la force physique, etc., et avec cette boîte à outils génétiques, si je puis dire, tenter de créer des chiens pour les aveugles, ou des Saint-Bernard pour les alpinistes perdus, puis des chiens savants pour les cirques, puis des chiens policiers contre les émeutiers? On produit déjà beaucoup d’animaux de laboratoires, fort utiles. Les végétaux et les races animales sont manipulées génétiquement depuis toujours, pour le lait ou pour la viande, pour la résistance ou pour la beauté. Les vaches, les chevaux, le maïs, les pommes de terre, le blé, les roses, les chats, etc. Malgré les polémiques, les OGM sont de plus en plus acceptés et généralisés. Il est clair que la Nature, si je puis dire, ne nous a pas attendu pour modifier et même pour créer de nouveaux génomes! Toute l’histoire de la création repose sur la multiplication des espèces, sur la diversification génomique.  Les humains y ont abondamment contribué depuis plusieurs milliers d’années. Aujourd’hui on accélère les croisements naturels en usant de chocs électriques pour fusionner des noyaux et des chromosomes dans des laboratoires sophistiqués, avec des équipements électroniques puissants. Il est évident qu’on n’arrêtera pas cette évolution de... la technoscience, qui prend la relève de la nature. Demeure la nécessité de réfléchir davantage aux conséquences perverses possibles et aux règlements bioéthiques nécessaires pour faire prévaloir le principe de prudence requis. Lorsqu’on joue aux dés, rien ne sert de prendre son temps. Mais, justement, en génétique, il ne faudrait pas jouer aux dés. L’aventure humaine devient prodigieuse, mais elle implique un sens de la responsabilité collective nouveau, que la compétition scientifique actuelle, sous les signes pervers de l’aspiration à la gloire, de la recherche de financement et de la logique commerciale, met à rude épreuve. L’humanité sera-t-elle à la hauteur de ses nouveaux pouvoirs? Intelligence et éthique vont-ils de pair? Cela ne semble pas acquis. Il devient donc nécessaire de les hybrider étroitement ! La nature n’y pourvoie pas et le choc du numérique n’y suffira pas. Cela va nécessiter une mutation de l’espèce.&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-8559791883536300238?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/05/chiens-lumineux.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7215564344456518044.post-4542936596496771526</guid><pubDate>Sun, 24 May 2009 14:16:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-05-24T10:58:42.394-04:00</atom:updated><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Tolstoi</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Nations Unies</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>développement</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>organisme humanitaires</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Irak</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Serbie</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>Schwarzkopf</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>santé</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>paix</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>éducation</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>UNESCO</category><category domain='http://www.blogger.com/atom/ns#'>guerre</category><title>Guerre et paix numériques</title><description>&lt;a href="http://www.armees.com/local/cache-vignettes/L400xH451/military-robot-1-1fdcd.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 451px;" src="http://www.armees.com/local/cache-vignettes/L400xH451/military-robot-1-1fdcd.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis les guerres napoléoniennes contre la Russie que décrivait Tolstoï dans son célèbre roman &lt;em&gt;Guerre et paix&lt;/em&gt;, les technologies militaires ont changé du tout au tout.  Oubliez les chevaux et les boulets de canons : nous sommes passés au numérique. McLuhan l’a souligné : c’est la guerre qui fait le plus progresser les technologies. Ce fut vrai avec la maîtrise du feu, puis du fer. Il en est de même aujourd'hui avec l’âge du numérique.&lt;br /&gt;On a pu comparer les guerres actuelles à des jeux vidéos. Le général américain Schwarzkopf, responsable des opérations lors de la première guerre contre l’Irak, avait lui-même fait la comparaison lors d’une entrevue à la télévision et évoqué les militaires commandant à distance, à partir des États-Unis, les opérations sur le terrain, quasiment avec des joysticks. On sait d’ailleurs que l’entraînement des soldats se fait, comme pour les pilotes d’avion, beaucoup à partir de jeux vidéo et d’écrans de simulation. Eux-mêmes seront un jour sans doute équipés d’exosquelettes capable de décupler leurs forces physiques. Et les marines sont dotés de prothèses numériques leur permettant d’être branchés en permanence entre eux et avec leur commandement, de voir la nuit et de détecter des déplacements d’objets ou d’être humains cachés (vision intelligente et global positionning systems), etc. On utilise des drones espions, qui sont de avions sans pilote, télécommandés, qui prennent des photos ou qui bombardent, et on imagine déjà des guerres menées sans humains, par des soldats-robots. &lt;br /&gt;Les guerres sont aussi des guerres de communication. L’internet a été d’abord développé par les militaires américains pour s’assurer de réseaux de communications afocaux que l’ennemi ne pourrait pas détruire. On utilise désormais des satellites espions permettant une surveillance globale et de grande envergure des communications ennemies(le réseau &lt;em&gt;Echelon&lt;/em&gt;, mis en place dès les années 1990 par les Américains et les pays du Commonwealth, et son pendant européen &lt;em&gt;Galileo&lt;/em&gt;. Il s’agit notamment de surveiller touts les messages sensibles en les scannant et de satisfaire ainsi aux demandes d’intelligence des services secrets. Face aux menaces terroristes, ces infrastructures de cybersurveillance militaire et même civile (&lt;em&gt;Patriot Act&lt;/em&gt;)ont été puissamment renforcées. Lors de la guerre de Yougoslavie de 1999, les Américains ont utilisé des bombes au graphite pour brouiller les communications ennemies, notamment au-dessus de Belgrade, et rendre ainsi les états-majors serbes inopérants. &lt;br /&gt;Nous sommes donc passés à la cyberguerre, celle qui se joue constamment entre pays qui tentent réciproquement de pénétrer les réseaux numériques stratégiques des défenses potentiellement adverses. Les hackers professionnels sont désormais au service des Chinois, des Russes et des Américains, qui s’envoient secrètement des virus, des logiciels espions, et s’efforcent en permanence de déchiffrer les mots de passe des armées ou des réseaux électriques, soit pour les pénétrer, soit pour les paralyser. Cette cyberguerre est devenue permanente; et elle a été par moments très virulente. Les bunkers de béton armé de la deuxième guerre mondiale ont laissé place aux &lt;em&gt;Firewalls&lt;/em&gt; sophistiqués des réseaux numériques actuels, que les adversaires tentent sans interruption de percer. Nous sommes désormais à l’âge de la &lt;em&gt;i-Defense&lt;/em&gt; et de la guerre électronique. Le sujet est inépuisable et les technologies en constant développement.&lt;br /&gt;                              &lt;strong&gt;Et la paix numérique?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Nous n’avons parlé que de guerre. Et la paix? Bénéficie-t-elle, elle aussi, des progrès du numérique? Sans doute la parité des capacités numériques de chaque grande puissance assure-t-elle une sorte d’équilibre, comme celle des armes nucléaires. La dissuasion numérique existe, chacun se sentant vulnérable à l’autre. Mais en termes de paix, le numérique est manifestement aussi un outil de démocratie, de développement et d’éducation de plus en plus efficace. Les organismes humanitaires, qu’ils se consacrent à la défense des droits de l’homme , aux luttes écologiques,  ou à l’aide aux populations démunies, recourent de plus en plus au numérique et en tirent une efficacité nettement accrue. Les laboratoires biologiques ne servent pas seulement à amasser des armes biologiques – théoriquement interdites -, mais aussi à développer des médicaments et des vaccins. Mais même en incluant la médecine dans les activités humanitaires, même en comptant l’UNESCO et les Nations Unies dans leur ensemble, qui oserait penser que les investissements dans le numérique pour la paix comptent pour plus de 5%, alors que ceux pour la guerre frisent sans doute les 95%. Le numérique n’est pas un outil magique de progrès éthique. Il reflète les réalités humaines qui demeurent, hélas, de ce point de vue, à un stade primitif. Il faut être un optimiste convaincu pour croire que cette sinistre proportion évoluera peu à peu en faveur d’un âge du numérique pacifiste. La paix demeure une conquête plus difficile et incertaine que celle du numérique, même si elle serait pour l’humanité un bienfait infiniment supérieur au progrès technologique lui-même. L’algorithme de la paix reste à inventer. Il nous faudrait... une volonté numérique, mais sans devenir des cyborgs!&lt;br /&gt;Hervé Fischer&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7215564344456518044-4542936596496771526?l=oinm.org%2Fblog%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://oinm.org/blog/2009/05/guerre-et-paix-numeriques.html</link><author>noreply@blogger.com (Hervé Fischer)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item></channel></rss>